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« Notre objectif est d’instaurer des rendez-vous «Maroc» annuels dans le monde »

Bras armé du Maroc dans la promotion des exportations des produits industriels, des services et tous produits, hormis les phosphates et dérivés, l’agroalimentaire, le tourisme et l’artisanat qui disposent d’organes spécifiques, Maroc Export est en train de s’adapter à la politique de diversification des partenaires, initiée actuellement par le Royaume.  propos recueillis Par  D.A.


Quelle démarche Maroc Export a prévu pour accompagner nos exportateurs et renforcer notre force de frappe du Maroc à l’extérieur ?
Maroc Export accompagne annuellement 700 entreprises dans le cadre de ses activités d’accompagnement à l’international. Nous sommes présents sur 40 marchés aux côtés de 20 secteurs d’activité, dont plusieurs nouveaux secteurs challengeant comme le secteur aéronautique, ferroviaire ou encore des filières émergentes dans le monde comme le textile technique.
Nous avons ainsi atteint un degré de développement dans notre action d’accompagnement aux entreprises, qui nous permet à présent de déterminer de manière précise le segment auquel elles appartiennent (TPE, PME et Locomotives) et leur degré de maturité à l’export. Cela implique des prestations plus ciblées en leur faveur.
De plus, l’offre de prestations et de services du Centre ainsi que son business model, sont appelés à s’adapter régulièrement pour répondre aux enjeux induits par les différents plans sectoriels nationaux, notamment le PDEC (Plan de développement des échanges commerciaux) et le PAI (Plan d’accélération industrielle) dont l’animation des écosystèmes à l’export nécessite un plus grand ciblage des prestations de Maroc Export.
Dans ce sens, le Centre a engagé une démarche de réorientation de son offre de valeur tant pour ses partenaires institutionnels (ministères de Tutelle, ministères Partenaires, Agence d’appui et de développement, Banques, Associations professionnelles,…) que pour les opérateurs économiques bénéficiaires de ses prestations. L’objectif, est de valoriser les synergies et économie d’échelle dans les actions promotionnelles et développer des services différenciés et segmentés selon la capacité de l’entreprise à l’export.
Connaissance des marchés et expansion vers l’international ; Développement des capacités des exportateurs dans le « Market intelligence » et accompagnement des champions à l’export, sont les principaux axes qui nous challengent dans la nouvelle démarche du Centre, qui lui-même se positionne au cœur de l’animation de l’écosystème de la promotion à l’international.
Enfin, il existe un axe horizontal important relatif à la Communication auprès des consommateurs mondiaux sur le «Made in Morocco».

Justement, comment se concrétise l’offre d’accompagnement du PAI par Maroc Export à l’international au profit des entreprises exportatrices ?
Je répondrais ici, par une action concrète organisée le début de ce mois dans cet esprit d’accompagnement du PAI à l’international, à savoir « BtoB in Africa » cette mission multisectorielle organisée avec notre partenaire le Groupe Banque Populaire au profit d’une centaine d’entreprises nationales dans 3 pays (Côte d’Ivoire, Gabon et Sénégal).
Cette 3ème édition de « BtoB in Africa » a été placée sous le thème : «Les écosystèmes industriels : vers une nouvelle génération de partenariat».
En effet, le choix de cette thématique s’explique d’une part par notre stratégie d’accompagnement des écosystèmes déjà constitués à l’international ; mais également par la volonté de partager avec nos partenaires subsahariens, cette vision marocaine en matière d’industrialisation et d’accélération de croissance, pour faire émerger des écosystèmes régionaux et panafricains.
C’est un nouveau type de coopération plus valorisant de nos ressources et de nos capacités que nous proposons à nos partenaires africains. Cela implique une meilleure intégration africaine, et un label « Made in Africa » avec plus de valeur ajoutée qui contribuera à la stabilisation économique de notre région et à l’amélioration du positionnement de l’Afrique dans la chaine de valeur mondiale.
Nous avons également accompagné, plus récemment, l’écosystème textile sur le marché suédois. Ce dernier cherche à réduire le nombre de fournisseurs et à consolider les liens de partenariat, d’où l’intérêt pour les entreprises marocaines de mettre à profit leurs synergies et leur organisation par écosystèmes pour positionner le Maroc et l’Afrique aujourd’hui absents de leurs cartes d’approvisionnement.

Une diversification des marchés ciblés par Maroc export a également été enregistrée ces derniers mois. Comment justifiez-vous cela ?
En effet, nous opérons actuellement dans un contexte économique mondial mouvementé, dans lequel notre pays a choisi d’élargir son champ de coopération avec de nouveaux marchés, tout en préservant et développant ses relations économiques avec ses partenaires classiques.
C’est dans cette logique, que Maroc Export prépare, ouvre et diversifie, à moyen terme, l’accès promotionnel au sein de plusieurs continents, notamment en Asie, en Amérique Latine.
Le Brésil, la Russie, l’Argentine, la Malaisie, le Vietnam, La Chine ou encore l’Inde… autant de pays que le Centre explore en partenariat avec des chefs de file sectoriels.
A Shanghai, par exemple, nous allons procéder la fin du mois de juillet à l’inauguration d’un « pavillon Maroc » permanent au sein du « China Import Mall », le plus grand Mall chinois entièrement dédié aux produits importés.
En Russie notamment, nous sommes en train de présenter l’offre nationale à la Russie profonde, à travers des tournées économiques dans plusieurs régions de ce marché stratégique.
Notre objectif est d’instaurer des rendez-vous « Maroc » annuels dans le monde et les inscrire dans les agendas des opérateurs économiques internationaux. Une action promotionnelle est réussie si son action lui permet sa pérennité.
« Diversification » va de pair avec « précision » de nos actions sur les marchés traditionnels. Nous travaillons ainsi sur le développement de connaissances approfondies de certains marchés comme l’Allemagne, les Etats-Unis ou encore la Chine et la Russie.

Vous avez organisé récemment la première conférence sur la Marque Maroc dans l’objectif de consolider le label « Made in Morocco ». Dans quel sens cette approche compte dans la promotion des exportations nationales ?
La « Marque Maroc » est notre outil de travail à Maroc Export, parce que notre objectif au quotidien est de refléter la meilleure image possible du « Made in Morocco » sur les marchés internationaux.
Nous avons effectivement organisé le 27 mai dernier, sous l’égide du ministère du Commerce Extérieur, la 1ère édition de la Conférence Marque Maroc, en partenariat avec l’Institut Amadeus, sous une thématique fondamentale et cruciale pour l’image de notre pays à l’International : « Marketing pays : Modéliser la Marque Maroc ».
Cette conférence, comme l’avait rappelé Monsieur le ministre dans son intervention, était une excellente plateforme d’échange et de débat sur le modèle de développement et de promotion de « la Marque Maroc », ainsi que les leviers et les initiatives permettant le renforcement du rayonnement de notre image à la hauteur des ambitions de notre pays qui cherche à mieux tirer profit de son intégration internationale.
Cette conférence, qui a connu un franc succès deviendra un rendez-vous annuel et les résultats de ses travaux seront présentés sous forme d’un livre blanc, le mois de septembre prochain.
L’image du Maroc c’est l’affaire de tous, et nous voulons, aujourd’hui, contribuer à consolider le label « Made in Morocco » pour favoriser l’émergence du Royaume et contribuer à son rayonnement à l’échelle mondiale. Pour cela, nous avons impliqué les acteurs concernés pour définir, ensemble, le contour de cette Marque à l’international.
Notre pays, vous le savez, s’est engagé depuis plusieurs années sur les voies du développement à travers une vision politique volontariste et des projets économiques structurants… qui font désormais jouir le Royaume, et à bien des égards, d’un positionnement régional et international fort, notamment au niveau de sa réputation et de son image de marque.
Nous devons mettre cette image positive à profit pour un rayonnement constant qu’on doit mettre au service du développement économique de notre pays.
D’ailleurs, dans le cadre de cette démarche, Maroc Export dispose d’un Think tank baptisé « Think Made in Morocco » dont l’objectif est de réfléchir pour soutenir le développement de la Marque Maroc à l’international. Les résultats des travaux de ce think tank seront présentés la fin de cette année.

 
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