Entreprises & Marchés

«Nous misons beaucoup sur le contrat-programme»

Les bureaux d’études marocains dans le secteur des BTP ont développé, au fil des années, une expertise qui leur permet de décrocher des marchés à l’étranger et de rivaliser avec les cabinets internationaux. Cependant, le secteur de l’ingénierie nationale est confronté à beaucoup de défis. Moncef Ziani, président de la FMCI (Fédération Marocaine du Conseil et de l’Ingénierie) revient sur ces défis.   Propos recueillis par Roland Amoussou


Il y a plusieurs bureaux d’études marocains qui commencent à exporter leur savoir-faire en Afrique. Quelles sont les opportunités sur ce marché ?

 Aujourd’hui, il y a déjà des bureaux d’études qui s’exportent de manière importante sur le continent africain, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ils sont dans les études et la supervision des routes, autoroutes, barrages, projets d’eau potable, irrigation. Il y en a même qui sont en train de s’installer de manière permanente dans certains pays subsahariens, compte tenu des opportunités qui existent. Le marché africain est un marché attractif et la concurrence est importante, parce qu’il y a beaucoup de projets. La concurrence est très sévère, notamment des pays européens et aussi des pays émergents. Mais, le défi des bureaux d’études marocains est de pouvoir maintenir une activité dans un pays, parce que, quand on cible un marché dans un pays, on investit beaucoup en termes de prospection et de marketing, et pour pouvoir amortir tous ces frais, il vaut mieux avoir une activité relativement régulière. C’est la difficulté que nous avons aujourd’hui.

Comment les cabinets d’études marocains arrivent-ils à se démarquer de la concurrence pour décrocher les appels d’offres dans ces pays ?

Les cabinets marocains mettent en avant un atout important, qui réside dans le fait que nous apportons des solutions adaptées aux réalités des pays qui sollicitent nos compétences. Ce sont des solutions faciles à mettre en oeuvre, à la portée des entreprises locales, et aussi des techniques qui n’engendrent pas de frais énormes au niveau de l’exploitation et de l’entretien.

Quels sont les défis sur le marché national ?

Notre secteur compte à peu près 500 bureaux d’études, dont 200 membres de la FMCI. Je précise que ces 200 sont les plus importants du secteur avec plus de 50% du chiffre d’affaires. Les bureaux d’études marocains ont des compétences élargies qui couvrent de domaine. Le secteur réalise un chiffre d’affaires estimé à 2 milliards de DH. Nous misons beaucoup sur le contrat-programme qui va être signé entre le secteur et le gouvernement. L’idée, c’est d’avoir une stratégie de développement pour le secteur. Cela va se traduire par l’amélioration de la qualité des services offerts, de la formation et aussi l’encouragement à l’export. Par ailleurs, depuis la libéralisation du secteur, la concurrence des cabinets internationaux sur le marché national est devenue importante aussi. Mais nous, en tant que Marocains, nous connaissons bien les réalités locales. Mais c’est la qualité du service et le sérieux dans le travail accompli qui vont nous aider à maintenir nos marges. Les donneurs d’ordre marocains sont très exigeants, contrairement à ce qu’on peut penser. J’appelle les autorités marocaines à faire confiance à l’ingénierie nationale.■

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