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Offshoring: le marché anglophone inaccessible ?

Face à la nécessité de diversifier ses marchés, le secteur de l’offshoring cherche à se positionner sur les marchés anglophones. Mais face aux freins de la langue et de la concurrence asiatique, acquérir des parts de marchés par le Maroc semble impossible, jusqu’à preuve du contraire.


Aux assises de l’industrie tenues à Tanger, le secteur de l’offshoring a clairement été appelé à diversifier ses marchés. Et pour cause, le secteur réalise plus de 80% de son chiffre d’affaires avec la France, l’ensemble des autres pays représentant seulement  10% de la demande, tout comme le marché local est estimé à 10%. Ce ne sont pas les opérateurs qui diront le  contraire. «Il devient nécessaire d’explorer de nouveaux marchés», commente Youssef Chraibi, président de l’Association Marocaine de Relations Clients (AMRC). L’une des pistes avancées pendant les assises  a été de viser le marché anglophone qui représente aujourd’hui plus de 70% du marché mondial de l’offshoring.

C’est  dire que ces marchés sont très en avance dans le phénomène d’externalisation des métiers de service au niveau mondial.  Mais qu’est ce qui a empêché le Maroc de se positionner sur ces marchés comme il l’a fait avec d’autres. «Les donneurs  d’ordres anglophones se sont très tôt orienté vers l’Inde, qui constitue une destination naturelle, et plus récemment les Philippines, devenues une destination leader en Asie en quelques années», explique Youssef  Chraibi. Mais ce n’est pas la seule raison. «La maitrise de la langue anglaise mais également le différentiel de compétitivité avec ces destinations asiatiques, ayant bâti leur offre sur un modèle low cost, sont les deux  principaux freins à notre accès à ce marché», lâche le président de l’AMRC. 

En l’absence des compétences  RH nécessaires pour conquérir le marché anglophone, il devient donc urgent de remettre la maitrise des langues  au coeur du processus de réforme de l’enseignement public pour assurer une première base que la formation pourra  parfaire par la suite. Il ne faut pas oublier, que contrairement aux métiers de l’industrie, la barrière de la langue est  incontournable dans les services à valeur ajoutée, et en particulier dans les centres d’appels.  Tant que ce premier problème n’est pas résolu, il sera difficile pour le Maroc d’intégrer ce marché. Pour l’AMRC, tout l’enjeu  aujourd’hui est «de présenter  le Maroc comme une destination nearshore haut de gamme, à l’inverse d’un  positionnement offshore low cost», précise Youssef Chraibi. C’est là une piste que les opérateurs doivent  explorer ! ■ 

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