Transport ferroviaire

ONCF : La crise sanitaire a freiné l’élan de développement

Le Conseil d’Administration de l’Office national des chemins de fer s’est penché sur l’examen de l’arrêté des comptes de l’exercice 2019, l’approbation des budgets 2020 prenant en compte les impacts de la pandémie du coronavirus sur l’activité ferroviaire.


C’est en mode visioconférence -coronavirus oblige- que l’Office national des chemins de fer (ONCF) a tenu ce jeudi 23 avril 2020 son Conseil d’Administration sous la présidence de Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau. Après avoir rappelé en ouverture de la séance, le contexte exceptionnel dans lequel se tient cette session, le ministre a noté avec satisfaction les performances enregistrées au cours de l’exercice 2019 sur les différents registres. Grâce aux projets structurants mis en exploitation, ce mode a pu contribuer au renforcement d’une mobilité sobre et durable au service des citoyens et des opérateurs économiques, tout en rehaussant la qualité de ses prestations. 

Les résultats sont très encourageants et incitent à accélérer la mise en œuvre d’un modèle économique innovant pour assurer une meilleure pérennité et soutenabilité à ce secteur vital, comme tracé au niveau du protocole d’accord régissant les relations Etat-ONCF pour la période 2019-2025.

Pour sa part, Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, a commencé son intervention en traçant une rétrospective de l’année 2019, riche et intense à plus d’un titre. Citons en premier lieu l’entrée en plein régime d’exploitation des projets structurants de modernisation et de renforcement du réseau ferré national, inaugurés par Sa Majesté Le Roi, en novembre 2018, ayant conduit à une transformation structurelle des fondamentaux de l’offre.

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Il s’agit plus particulièrement du train à grande vitesse ‘Al Boraq’ vecteur de changement, qui a pu étendre ses effets novateurs aux autres composantes de l’offre ferroviaire grâce au nouveau concept de voyage mis en place, au parcours client totalement repensé et aux services innovants offerts… autant les trains de proximité (TNR) que grandes lignes ‘Al Atlas’ n’ont pas manqué pas de croitre au rythme d’Al Boraq en enregistrant des performances toutes aussi satisfaisantes.

De janvier à décembre 2019, les différents agrégats se sont inscrits sous le signe de l’excellence opérationnelle et ont affiché des performances remarquables par comparaison à l’année 2018: ce sont 38,2 millions de voyageurs transportés (+8%), avec un confort rehaussé, des places assises garanties, des services en gares et à bord à forte valeur ajoutée, conjuguées à une régularité globale avoisinant 92,55% en amélioration de 21,5 points, une tarification modulable et accessible pour tous,… Conséquence directe : un niveau de satisfaction globale inédit de 87%, soit un mieux de 17 points par rapport à l’année antérieure ; tout laisse dire que le voyage par train marque l’exemple d’une réconciliation du citoyen avec le service public.

En ce qui concerne l’activité fret et logistique, le train a pu acheminer 25 millions de tonnes de marchandises en 2019, bénéficiant des nouvelles capacités libérées, des partenariats établis avec de multiples opérateurs de la place: OCP, CMA.CGM, TMSA… Bien plus, elle a constitué un maillon indispensable dans l’efficacité et le succès de multiples projets structurants ayant marqué le tissu économique et industriel national. C’est le cas du transport des voitures de l’usine Renault de Melloussa qui a atteint sur l’année 350.000 véhicules (1.500 véhicules par jour). C’est de même pour le transport démarré récemment des véhicules produits à l’usine PSA de Kenitra et exportés via le port de Tanger Med, ainsi que pour l’alimentation de la Centrale Electrique de Jerada à raison de 3.000 tonnes par jour de charbon à partir de Nador, ou encore de l’approvisionnement de l’usine Lafarge Holcim de Settat en calcaire à la cadence de 7.000 tonnes par jour. Ce sont autant d’expériences réussies qui ont nettement contribué à réduire la pression sur les routes et rendre la chaine logistique globale plus sûre, plus rentable et moins polluante.

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Présentant les budgets 2020, le DG de l’Office a souligné que ceux-ci ont été conçus initialement sur des hypothèses de la poursuite de développement et de déploiement de la réforme du secteur avec une tendance haussière largement encourageante enregistrée sur les différents registres au cours du premier trimestre de cette année. Néanmoins, la malvenue de la crise sanitaire a freiné cet élan. Elle a notablement impacté l’activité en imposant l’adoption d’un plan d’action urgent et prioritaire visant une meilleure gestion de cette crise, mais aussi la revue des budgets afin de tenir compte de ses répercussions aigues sur le secteur. Ainsi, les budgets d’exploitation et d’investissements reconsidérés ont été bâtis sur la base d’une reprise progressive du trafic après le déconfinement, en adéquation avec le rythme de l’activité socio-économique, l’optimisation des charges, l’adaptation des investissements et la réalisation d’un chiffre d’affaires prévisible de près de 3 milliards de dh. 

Revenant sur le plan d’urgence spécifique déployé par l’ONCF suite à la crise sanitaire, Mohamed Rabie Khlie a dressé un bilan à travers lequel il a mis en exergue les mesures structurées en six leviers. Ils ont eu trait au pilotage, à la gestion des RH, au plan de continuité de l’activité, à la communication avec les parties prenantes, aux initiatives de solidarité ainsi qu’aux dispositions financières. Une telle batterie de mesures préventives et proactives dénote de l’engagement de l’Office pour s’inscrire dans l’élan national de solidarité initié par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, en contribuant volontairement, à tous les niveaux, au Fonds spécial pour la gestion de la pandémie Covid-19 ; préserver la sécurité sanitaire des collaborateurs, des clients et des partenaires ; adapter le mode de travail à ce contexte spécifique, en privilégiant la digitalisation et le télétravail ; veiller au maintien en bon état de l’appareil de production pour une reprise normale, tout en se conformant au respect strict des mesures sanitaires ; informer, sensibiliser et communiquer sur les mesures à prendre aussi bien au niveau interne qu’externe ; et enfin accélérer le règlement des fournisseurs, en accordant un intérêt particulier au règlement des PME et TPE conformément aux orientations des pouvoirs publics en la matière.

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