Immobilier

OPCI : les opérateurs s’impatientent

Ce nouveau marché suscite beaucoup d’intérêt de la part des investisseurs nationaux et internationaux. Cependant, plusieurs textes d’application manquent encore à l’appel. Le décret d’application est prévu pour septembre 2017. Tout cela freine encore l’élan de ce nouveau marché. Mais, en attendant que les choses se mettent en place, les acteurs du secteur s’organisent. Ainsi, dans le but de professionnaliser le secteur, plusieurs initiatives ont été lancées depuis la publication au Bulletin Officiel, en août 2016, de la loi 70-14 régissant les OPCI (Organismes de placement collectif en immobilier). D’ores et déjà, les professionnels ont mis sur pied une association dont le but est de définir certaines règles pour mieux cerner le marché. Il s’agit de l’Association Marocaine de l’Expertise Immobilière (AMEI) qui va établir les règles de l’exercice de la profession d’expert en immobilier, une étape cruciale pour l’essor du marché des OPCI. « Nous prenons notre destin en main », souligne Fabrice Léger, PDG de JLL Maghreb et Afrique francophone, ajoutant que l’idée est de ne pas passer de temps à attendre une réglementation de la part des autorités. Cette association a travaillé pendant deux ans pour sortir en 2017 une Charte de l’expertise qui devrait être publiée ce mois-ci. Dans le détail, ce document qui traite de tous les aspects de la profession (expérience, méthode d’expertise à mettre en œuvre, valeur à déterminer, comment effectuer une expertise, les normes, la formation continue au profit des professionnels…). L’objectif est d’opérer une montée en gamme afin d’avoir une industrie sécurisée. « Tout ceci va assurer une confiance au secteur, et la réussite des OPCI au Maroc », estime Fabrice Léger.


L’expérience française, un atout
Les membres de l’AMEI comptent notamment sur une large diffusion de cette charte pour sensibiliser les acteurs de ce nouveau marché. Pour exercer le métier d’expert immobilier, il faudra obtenir un agrément de l’expert immobilier pour les OPCI, comme c’est le cas en France par exemple. Il faut dire que cette démarche vient à point nommé, puisque le ministère de l’Habitat et de la Politique de la ville n’a de cesse, depuis la promulgation de la loi, d’appeler les professionnels à structurer le marché. « Les OPCI représentent un nouveau marché, et nous cherchons donc à professionnaliser le secteur », explique Hind Benzha, chef de la Division Études et Prospectives au sein du ministère. Notons que la tutelle travaille d’arrache-pied actuellement pour faire aboutir plusieurs chantiers devant permettre l’émergence du marché des OPCI au Maroc. Pour réussir cela, le Royaume entend beaucoup miser sur l’expérience française. « Nous travaillons pour que toutes les conditions nécessaires à l’essor de ce nouveau marché soient réunies. Il y a beaucoup de mesures qu’il va falloir mettre en application », précise Hind Benzha. Pour Salima Bakouchi, avocate, la loi 70-14 sur les OPCI vient aussi stimuler l’épargne, puisque les épargnants au Maroc sont souvent frileux pour investir à long terme. « Aujourd’hui, un simple épargnant peut investir sans avoir à gérer tous les autres aspects souvent compliqués comme les baux, la gestion de copropriété, le loyer. L’adoption de cette loi vise également à redynamiser le marché financier marocain confronté à un essoufflement », estime-t-elle, ajoutant néanmoins qu’il reste encore une circulaires de l’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux (AMMC) ou encore des arrêtés ministériels pour lancer véritablement ce nouveau marché. Rappelons que les OPCI sont structurés en deux catégories (Les OPCI grand public et les OPCI à règles de fonctionnement allégées pour les investisseurs qualifiés). La première catégorie est principalement destinée aux épargnants et offre plus de liquidité. La seconde catégorie est dédiée aux investisseurs qualifiés (Banques, Caisses de retraite, OPCVM, compagnies d’assurance…). Il faut dire que ce nouveau marché est très porteur et atteindra rapidement sa vitesse de croisière, une fois que tout l’arsenal aura été mis en place. En France par exemple, le marché des OPCI séduit fortement les investisseurs. En 2016, les OPCI grand public ont collecté près de 4,1 milliards d’euros (contre 2,45 milliards d’euros en 2015), ce qui a quasiment permis à cette classe d’actifs de doubler ses encours, à 8,72 milliards d’euros.

 
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