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Ozone veut détrôner les multinationales


 Le patron de l’entreprise marocaine lorgne sur le marché casablancais et marrakchi

Beaucoup d’informations ont circulé sur l’origine des fonds de ce patron qui, en l’espace de quelques années, a réussi à monter un groupe marocain spécialisé dans la gestion des déchets ménagers, alors chasse gardée d’opérateurs plutôt étrangers. On a prêté à Aziz El Badraoui, président directeur général d’Ozone Environnement & Services, des liens étroits avec certains maires qui l’on poussé dans cette voie, ou carrément de servir de prête-nom à des personnalités. Lui s’en défend. «Ozone est une SARL avec un associé unique en ma personne», insiste-t-il. L’entreprise a démarré son activité en 2007 avec un capital de 20.000 dirhams seulement (contre 16,4 MDH aujourd’hui) pour le nettoyage de locaux de ministères, établissements publics… Maintenant, elle est dans la gestion des déchets ménagers et a décroché pour 300 MDH de contrats de gestion dans des villes comme Fès, Laâyoune, Saïdia, Bouznika, Benslimane, Ahfir… dans certains arrondissements à Rabat et Salé, dans des communes urbaines de Sidi Allal Bahraoui, Oualidia etc. Ce sont 22 contrats qui ont été conclus avec cette nouvelle entreprise, dont 20 sont opérationnels et les deux autres (El Hajeb et la commune Ain El Bida à Fès) seront incessamment lancés. Cette montée en puissance d’Ozone laisse perplexe. Il faut dire que la conjoncture y est pour quelque chose. La société, pour ne prendre qu’elle en exemple, a profité d’un contexte où le concept de la gestion déléguée, de manière générale, a été remis en cause. Etant donné les difficultés rencontrées par certains opérateurs étrangers, les pouvoirs publics ont commencé à réfléchir sur le rôle que pourraient jouer les nationaux pour occuper une place. Est-ce le cas d’Ozone ? La réponse ne peut être tranchée. En tous les cas, cette société arrive à présenter des offres intéressantes pour que les collectivités locales décident de lui confier la gestion des déchets. L’offre financière, souvent la moins disante, permet aussi de faire la différence. Selon El Badraoui, sur un marché à Fès, alors que sa société avait proposé une offre de 35 MDH, son concurrent, resté en lice, en proposait 41 millions. Comment expliquer cette différence ? «Nous sommes plus réalistes que les autres. Nous nous contentons d’une marge acceptable qui tourne autour de 15% à 16% contre au moins 25% chez nos concurrents», lance le PDG d’Ozone. Et cela, convient-il, ne se fait pas au détriment de la qualité. Il est vrai que pour l’instant, des habitants de Rabat et Salé par exemple sont satisfaits de la prestation d’Ozone. Mais les mauvaises langues avanceront qu’il est normal que l’entreprise fasse des efforts lors de son démarrage, mais, comme les autres, devrait lésiner sur les moyens par la suite pour

améliorer sa rentabilité. Pour El Badraoui, il n’y a pas de raison que la qualité en prenne un coup, non seulement parce que le matériel nécessaire aux tâches est disponible (il est acheté en majorité en leasing) et que le personnel ne manque pas. 

Gestion des décharges aussi

Pour s’agrandir, le patron d’Ozone a voulu se diversifier. Il a créé Inès Chantier, une structure qui gère le personnel intérimaire du groupe, les petits travaux de sous-traitance… Il a également lancé Ozone Eco Tri, une entreprise dédiée à l’activité de gestion des déchets industriels. L’entreprise compte une quarantaine de sociétés privées comme clients dans les villes de Rabat, Salé et Fès. «C’est un marché qui se développe surtout dans les villes où nous sommes déjà présents dans la gestion des déchets», martèle le PDG. Une autre entité, Ozone Sud, a été créée dans la région du Sud pour profiter des avantages fiscaux de la région et mener les projets lancés, notamment à Laâyoune. Et comme si ce n’était pas encore suffisant, le patron d’Ozone s’est lancé dans une autre aventure, celle de la gestion des décharges publiques. Alors sans expérience dans le domaine, il s’est associé à un groupe allemand, AWN, pour décrocher des contrats. C’est le cas à Laâyoune et à Berkane. «C’est un partenariat où nous partageons tout, à part égale, que ce soient les investissements ou les marges », précise El Badraoui. Ce dernier affiche de très grandes ambitions pour son groupe. D’ailleurs, il ne cache pas son vif intérêt pour décrocher des contrats de gestion déléguée des déchets ménagers dans les villes de Casablanca et de Marrakech, puisque de nouveaux appels d’offres devront être lancés les mois à venir. Pour lui, Casablanca n’est pas une occasion à rater et il est prêt à y mettre les moyens. L’Afrique n’est pas en reste. Si, pour l’instant il tâtonne encore pour aller sur le marché libyen où il aurait reçu des demandes pour s’y installer, le marché sénégalais semble plutôt sur la bonne voie. « Il est même possible qu’on y aille d’ici à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine»

 
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