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Aly Horma, PDG de Marrakech Grand Prix: « Nous envisageons l’avenir avec sérénité »

Une volonté inébranlable, guidée certes, par la passion de l’automobile, mais surtout par l’envie de positionner le Royaume comme une grande nation du sport automobile, Aly Horma et ses fidèles partenaires se sont attelés, non sans difficultés, à cet objectif. Une quête suivie d’effets, puisque le PDG de Marrakech Grand Prix et son staff ont reçu depuis, de nombreux appuis indéfectibles. Il nous livre  son sentiment quant à l’évolution de cette manifestation sportive automobile en terre marrakchie et l’importance qu’elle revêt à ses yeux pour le Royaume.



Challenge.
Quel bilan faîtes-vous des  trois dernières éditions du Grand Prix de Marrakech, à commencer par celle de 2009 ?
Aly Horma. J’en dresse un bilan globalement positif. Rétrospectivement, cette première édition constituait pour nous le retour de la Fédération Internationale de l’Automobile (F.I.A) dans le Royaume. Une fédération sportive absente chez nous depuis plus d’une cinquantaine d’années, la dernière manifestation automobile d’envergure internationale fût le Grand Prix de Casablanca en 1958. Depuis la F1 en Afrique du Sud fin des années 80, notre continent n’avait plus accueilli une épreuve sportive automobile d’une telle ampleur, en l’occurrence le Championnat du Monde des voitures de tourisme (W.T.C.C). Je précise que nous avons été distingués par la F.I.A s’agissant de la qualité de l’organisation et des infrastructures du circuit du GP de Marrakech édition 2009.

C. Qu’en est-il des éditions suivantes sachant que celle de 2011 a été purement et simplement annulée ?
A.H. Effectivement, l’édition de 2011 n’a pas eu lieu compte tenu du contexte économique défavorable durant cette période qui a joué en notre défaveur. Nous n’avions pu avoir un tour de table suffisamment  solide pour mettre sur pied ce qui devait être la troisième édition de ce GP. En revanche, l’édition de 2010 fût positive en termes d’organisation et de spectacle où nous avons prouvé que nous n’avions rien à envier à ce qui se faisait de la sorte à l’étranger. D’ailleurs, nous avons été honorés par la visite de Jean Todt, président  de la F.I.A et de Bernie Ecclestone, grand argentier de la F1 qui ont salué notre travail. L’édition 2012 fût, elle aussi, très satisfaisante en termes d’images pour le Royaume. Un circuit qui porte désormais un prénom très porteur, synonyme d’avenir et de cohésion, celui du Prince Héritier Moulay El Hassan, un honneur que nous a fait sa Majesté le Roi Mohammed VI.

C. L’avenir de cette épreuve semble plus radieux puisqu’aujourd’hui, vous avez signé avec les Pouvoirs publics un mécanisme de pérennisation. Désormais, ces mêmes Pouvoirs publics s’investissent à vos côtés ?
A.H. A vrai dire, ils se sont toujours investis à nos côtés. Je rappelle que la bienveillance de sa Majesté le Roi Mohammed VI a permis à ce projet de voir le jour. Nous avions eu l’accord des autorités pour  parler au nom du Maroc au moment de l’inscrire au calendrier sportif de la F.I.A. Nous avions eu le droit de construire un circuit en plein centre ville. Cette bienveillance  Royale s’est exprimée par des soutiens concrets de la part de la ville, de la wilaya, des ministères et ce, durant plusieurs années. Ce qui a manqué réellement
à cet évènement, c’est une tutelle  organisée et structurée permettant de réfléchir plusieurs fois par an à un plan de développement précis et d’avoir un interlocuteur institutionnel pour les grandes instances internationales, compte tenu de l’envergure de la manifestation. Le GP est déficitaire de plusieurs zéros depuis quatre ans, il ne pouvait plus continuer  à l’être. Tout le monde s’accordait à dire qu’il générait plus de valeur ajoutée qu’il n’en coûtait. Il fallait donc redistribuer cette même valeur ajoutée pour en assurer  un équilibre et une pérennité. Nous nous sommes engagés sur trois ans avec l’Etat, ce qui nous permettra d’envisager plus sereinement l’avenir.

C. L’accessibilité au circuit, s’agissant du public, avait été pointée du doigt en 2012. Avez-vous effectué des efforts en la matière afin que les tribunes soient plus fournies ?
A.H. L’implication des Pouvoirs publics  à nos côtés nous aidera à améliorer ce volet. Nous avons travaillé ce sujet et je pense que le programme durant ces trois jours devrait ravir et susciter l’intérêt des  spectateurs côté tribunes.

C. Qu’en est-il de la préparation de la piste ?
A.H. Ce volet a déjà redémarré en partenariat avec la commune. Comme chaque année, il faut entièrement refaire la couche de roulement, soit un mois et demi de travail. Heureusement, nous pouvons  compter sur le savoir-faire de nos entreprises locales. Nous avons du pain sur la planche, mais la bouffée d’air qui nous vient des ministères, de nos partenaires et  de tous ceux qui nous encouragent nous permet d’envisager l’avenir avec beaucoup de sérénité. ■

 
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