EnergieLes chroniques de Jamal Berraoui

Pétrole : Une baisse ahurissante

L’or noir ne mérite plus son nom. Il s’est négocié en négatif à moins 37 dollars à New York, du jamais vu.


Il ne faut pas s’enflammer. Il s’agit du pétrole américain et des livraisons en Mai. Il y a très peu de demande et les producteurs n’ont plus de capacité de stockage, alors ils préfèrent payer d’éventuels acheteurs pour les débarrasser du produit, sinon ils seraient obligés d’arrêter la production, ce qui ne peut pas être instantané. Il faut plusieurs semaines pour le faire et autant de temps pour redémarrer. C’est un coût exorbitant.

Le pétrole qui nous intéresse, nous marocains, reste aux alentours de 20 dollars le baril, contre 60 en janvier. Mais il ne faut pas sauter au plafond. Les prix à la pompe ne risquent pas de baisser dans ces proportions. Nous importons le produit fini, raffiné. Les coûts de raffinage, les transports et les différentes taxes n’ont pas varié. La baisse sera là mais dans une limite beaucoup plus atténuée que l’affaissement des cours sur les marchés mondiaux.

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Notre pays aurait beaucoup mieux profité de l’aubaine si nous avions encore la SAMIR. C’est la privatisation la plus incompréhensible. Nous avons vendu un outil stratégique à très bas prix, à un investisseur qui s’est révélé peu recommandable, mais on ne le savait pas. Par contre, on savait que notre indépendance énergétique était essentielle et que la SAMIR était un élément, grâce au stock stratégique, de cette indépendance. La doxa libérale nous a submergé et envoyé dans le mur.

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Les pays dépendants du pétrole vont souffrir. Les prix vont remonter en fonction de la reprise économique, et ne retrouveraient leur niveau de janvier que dans 18 mois. C’est très dur pour l’Algérie, l’Arabie saoudite, ou la Russie. Leur récession participera à celle de l’économie mondiale. Le coronavirus et Ben Salmane, qui a déclenché la guerre des prix, ont fait imploser une partie des équilibres mondiaux.

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