Covid-19

Peur sur la planète : la solution à la Covid-19 ne viendra peut-être jamais

Selon un bilan établi par l’AFP ( Agence France Presse) lundi 3 août, à 11 h GMT, la pandémie a fait au moins 689.758 morts dans le monde depuis fin décembre 2019. Plus de 18 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont au moins 10,5 millions ont été guéris. Et, la dernière déclaration du directeur général de l’OMS ( Organisation Mondiale de la Santé , NDLR) , au lieu de susciter de l’espoir, sème le scepticisme.


L’année 2020 sera certainement l’année la plus sombre qu’a vécue l’humanité. Malgré l’accumulation des progrès scientifiques, au niveau mondial, l’humanité découvre son extrême fragilité, voire son impuissance. Le mot qui revient dans presque toutes les bouches et qui semble de plus en plus universellement partagé est « incertitude(s) ». C’est un mot qui a pénétré toutes les sphères de la vie. Le lundi 3 août, l’OMS, à l’image de l’ONU en quasi-faillite, au lieu de tenir un discours d’espoir, propage le scepticisme, et « enfonce le couteau dans la plaie ». En effet, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, vient de déclarer qu’ « il n’y a pas de panacée et il n’y en aura peut-être jamais », oubliant ainsi les principes les plus élémentaires de la pensée scientifique qui est nécessairement une suite de ruptures, de « perpétuelles ruptures, entre connaissance commune et connaissance scientifique » (G. Bachelard, le matérialisme rationnel).

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Certes, les populations dans le monde doivent être plus responsables et plus actives, en développant des pratiques préventives d’hygiène. Mais le patron de l’OMS en s’exprimant publiquement, ne s’adresse pas à des experts. Son message devrait s’adapter à la cible pour être essentiellement un message d’espoir. Au-delà de la dimension sanitaire qui est centrale dans la crise mondiale actuelle, les autres dimensions qui en dérivent, doivent aussi être prises en compte et intégrées. Dire qu’il n’y aurait peut-être jamais de solution contre la pandémie de Covid-19, cela peut aussi être compris dans un sens fataliste et défaitiste : il ne sert à rien de continuer à se battre et à espérer. L’impact psychologique peut être dévastateur, à plusieurs niveaux, en termes de démobilisation. Or, dans cette crise mondiale, nous avons surtout appris concrètement à observer les interactions étroites entre la santé, l’économie, la société, le comportement humain (…). Nous avons aussi appris à hiérarchiser concrètement les priorités et à remettre en cause certains dogmes, devenus obstacles au développement du bon sens humain.

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Dans ce contexte, des questions existentielles et philosophiques surgissement avec force. La mort n’est plus seulement ce moment ultime que chaque être humain attend, dans son petit coin, nécessairement et inévitablement. L’être humain vivant se battrait ainsi juste pour retarder au maximum ce moment-là. Dans la crise sanitaire mondiale actuelle, la mort, presque synonyme de Corona, est devenue un compagnon si proche, un phénomène constamment présent. Et à force de s’y frotter, l’être humain ne craint plus l’euthanatos. D’autres questions émergent. Santé et sécurité se sont accouplés, ont fusionné, mais avec des risques de restrictions des libertés. « Vivre sans être libre ? ». Quel sens peut avoir la vie en l’absence de liberté ? Et dans la tradition la plus ancestrale et la plus profonde, l’être humain ne serait-il pas face à ce grand défi qu’est la transformation d’un malheur vécu individuellement et collectivement, en un bonheur universellement partagé ?

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