Economie

Pharmacie: les marges de la discorde

Les pharmaciens ont réuni leurs instances pour débattre de leur position et rassembler leur argumentaire en préparation à la réunion qu’ils tiendront la semaine prochaine avec le minstère de la Santé. L’enjeu est de décider des marges opérées par les pharmaciens. 


L

es négociations entre le ministère de la Santé et les pharmacies d’officine sont toujours en cours pour la révision des marges. Après une réunion qui s’est tenue fin mars, ces derniers s’apprêtent à se réunir cette semaine également, pour débattre des détails techniques de cette révision. Cette éternelle question au coeur du débat sur la cherté du médicament et les efforts fournis par le ministère de la Santé pour rendre les prix plus accessibles ne semble toujours pas résolue. Il y a quelques jours, une réunion s’est tenue entre les officinaux et le ministère de la Santé au cours de laquelle les concernés ont tenté de trouver un terrain d’entente. Si les débats ont été pour le moins que l’on puisse dire houleux, selon des sources proches du dossier c’est qu’il y va de la pérénité des officines et de leurs équilibres financiers. Le secréraire général du ministère de la Santé, Abdelali Alaoui Belghiti, qui a présidé cette réunion a essayé de voir sur quelles bases se feront les négociations. Des sources ont avancé qu’une proposition aurait même été formulée. Elles expliquent que le ministère a proposé quatre niveaux de marge. Une marge de 33% pour les princeps et de 34% pour les génériques dont les prix sont inférieurs à 100 dirhams. Si les prix du médicament sont compris entre 100 et 300 dirhams, la marge sur les princeps baisse à 32% et celle sur le générique passe à 33%. Pour le cas où le prix du médicament est compris entre 300 et 1000 dirhams, la marge sur le princep et le générique passe à 30%. Si le prix du médicament dépasse les 1000 dirhams, le ministère propose aux pharmaciens une marge de 5% que le médicament soit un princep ou un générique. De leur côté, les représentants des officinaux affirment que ce n’est pas une proposition, mais qu’il s’agit plutôt «d’un échange oral et non officiel». Quoi qu’il en soit, les différentes parties prenantes ont décidé de donner du temps aux officinaux pour réunir leurs instances et préparer leur propre proposition.

Des négociations à double enjeu !

L’enjeu est de trouver l’équation du prix convenable par rapport au pouvoir d’achat du citoyen sans pour autant léser les pharmaciens. «La baisse des prix qui doit s’opérer cette fois-ci est d’ordre réglementaire, contrairement à la précédente où tous les intervenants dans le secteur se sont mis d’accord pour baisser les prix», avance un proche du dossier. C’est tout l’arrêté qui régit la fixation des prix qui va être revu et une fois adopté et publié, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Du moins en théorie. Les pharmaciens ont donc raison de prendre leur temps pour bien négocier. Mais face à l’urgence de la réforme, les choses iront vite malgré eux. C’est ainsi que le mardi 2 avril, le conseil fédéral s’est réuni à Rabat pour débattre de la situation de la profession et rassembler l’argumentaire pour les futurs négociations. Si l’on ne peut avoir le détail de la proposition de la Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (Fnspm), l’on sait que les pharmaciens acceptent de négocier sur la base de marge par paliers de prix avec des taux de marges différents entre les médicaments princeps et les génériques. «En encourageant les génériques par rapport aux princeps, les pharmaciens risquent de perdre du chiffre d’affaires, c’est pour cela que nous demandons qu’il y ait une augmentation au niveau des taux de marges sur les génériques puisque ces derniers coûtent 50% moins chers», explique notre source. Le transfert de marge est aussi une piste avancée par les opérateurs. La réunion qui se tiendra la semaine prochaine sera donc décisive. Affaire à suivre… 

 
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