Commerce

Phosphates : l’OCP défendu par des entreprises aux États-Unis

Le quiproquo commercial qui oppose l’Amérique aux exportateurs marocain et russe de phosphates pourrait connaître un rebondissement. Un regroupement s’active pour que les investigations en vue d’imposer des taxes soient abandonnées afin d’éviter une position de monopole pour l’entreprise Mosaic.


C’est ce qui ressort des récentes déclarations de Kent Kaiser, directeur exécutif de l’alliance commerciale pour la promotion de la prospérité (TAPP) sur ce dossier. Celui-ci, représentant une coalition d’entreprises américaines craint que l’imposition de taxes aux produits importés importés d’autres pays, notamment le Maroc et la Russie, ne fasse grimper les prix. « Mosaic détient la majorité des mines de phosphate aux États-Unis ; ceci (taxes sur les importations) créera une sorte de monopole », avait-il déclaré. Il faut rappeler que les autorités américaines ont déclenché récemment des investigations concernant les producteurs et exportateurs de phosphates marocain et russe. Celles-ci, lancées sur saisine des autorités par Mosaic Company, a pour but de déterminer et de remédier aux « distorsions que les subventions étrangères provoquent sur le marché américain des engrais phosphatés ». L’idée au bout du compte étant de rétablir une concurrence loyale.

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Depuis le lancement de ces investigations, l’OCP avait réduit ses exportations d’engrais phosphatés vers les Etats-Unis. Une situation qui pourrait faire monter les prix, craignent les fermiers américains. « S’il y a des taxes sur les phosphates en provenance d’autres pays, cela fera grimper le prix ; ce qui signifie malheureusement que les agriculteurs auraient un coût d’engrais plus élevé », a martelé Kent Kaiser. Pour éviter une telle situation, une campagne intitulée « No On Farm Tax » a été lancée avec pour objectif de pousser les autorités américaines à surseoir à l’enquête sur les exportations marocaines et russes. Il faut noter que les phosphates sont utilisés sur presque 60% des terres cultivées dans le pays. Une instauration de taxes amènerait les fermiers à payer 480 à 640 millions de dollars supplémentaires. « Nous pensons vraiment que ces taxes sont une mauvaise idée », ajoute Kent Kaiser. La mobilisation de ces entreprises pour éviter une situation de monopole de l’acteur américain ne s’embarrasse pas de considérations politiques. « Ces types de partenariats commerciaux que nous avons avec la Russie et le Maroc sont bons pour notre pays (…) Les gens pensent peut-être que si la Russie est impliquée, c’est nécessairement une mauvaise chose. Ces importations en provenance de la Russie nous aident en réalité. La plupart des réserves de phosphates dans le monde se trouvent au Maroc. Notre accord commercial avec le Maroc remonte à 1786 ; c’est le plus vieil accord ininterrompu des Etats-Unis », explique Kent Kaiser.

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Dans cette bataille, l’OCP s’est trouvé un allié qui pourrait faire changer la donne en sa faveur et lui faire reprendre ses exportations presque entièrement arrêtées.

 
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