Blog de Jamal Berraoui

Politique et maîtrise technique par ( Jamal Berraoui )

Le PJD, son groupe parlementaire plus exactement, a passé un contrat avec un bureau d’études national, pour pouvoir y référer, le consulter sur des sujets en débat. Ce parti a maintenant les moyens, entre le financement public et les cotisations de ses parlementaires.


Pendant longtemps, quelques partis riches en cadres, assumaient mieux les débats grâce à la relation entre les parlementaires et les cadres, qui s’est distendue au fil du temps. Depuis, l’administration, sur les sujets un peu techniques, n’a pas de vis-à-vis. A part quelques vociférations de principe, ces textes-là, passent comme une lettre à la poste. Les groupes parlementaires n’ont pas les compétences requises et n’ont pas les moyens de les payer. Les parlementaires n’ont même pas d’attaché. Le résultat est que, structurellement, sur pratiquement tous les sujets qui requièrent de la technicité, le ministre s’appuyant sur son administration, est en situation dominatrice.

Dans les démocraties développées, la qualité des élus est bien sûr meilleure, mais ceux-ci, ont une véritable administration propre à chaque groupe, la possibilité de recourir à des experts, le tout grâce à l’allocation de fonds publics.

Au Maroc, nous n’avons même pas la tradition de l’étude d’impact chiffrée, chaque projet de loi doit être accompagné de projections qui justifient les choix proposés par l’impact attendu. Dans les pays scandinaves, ces projections sont présentées avec des calendriers. Telle mesure doit permettre de réduire de tant le taux de pollution, sur cinq puis dix ans par exemple. Cela permet une évaluation suivie, des amendements ou l’abrogation après.

Cette faiblesse technique du parlement, additionnée aux faiblesses politiques, vide les réunions en commissions de leur contenu et en fait des réunions folkloriques. Les arguments sont souvent empruntés à des lobbys sans discernement.

Le pas fait par le PJD va dans le bon sens, à mon avis. S’il est suivi par une spécialisation au sein du groupe, par département par exemple, il peut offrir une meilleure expertise, une meilleure visibilité à des représentants, indépendamment de ses positions politiques.

Au milieu des années 90, l’une des lois les plus importantes, celle sur les télécoms a été adoptée dans un temps record et sans grande opposition. Les deux tiers des parlementaires n’y avaient rien pigé ?

Le débat s’est résumé à une discussion technique, entre Abderrahmane Saïdi et quelques parlementaires de l’opposition dans un jargon que les autres ne maîtrisaient pas. La presse n’ayant rien à se mettre sous la dent, n’a pas donné grand éclat à ce débat. Pour contrôler l’action gouvernementale, le parlement doit s’entourer de compétences techniques du même niveau que l’Administration. 

 
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