Politique monétaire

Bank Al-Maghrib table sur une récession de 5,2% de l’économie marocaine en 2020

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a tenu le 16 juin sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2020. Voici les principales décisions de la Banque Centrale pour soutenir l’économie nationale dans cette conjoncture particulière.


Le Conseil de Bank Al-Maghrib s’est réuni ce 16 juin, et a décidé, après la baisse de 25 points de base en mars dernier, d’effectuer une deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le portant ainsi à 1,5%, et de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques. Il est à souligner que Bank Al-Maghrib a mis en place des dispositions spécifiques pour fournir un appui au refinancement des banques participatives et aux associations de microcrédit.

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BAM indique que ces nouvelles décisions, conjuguées aux différentes mesures d’assouplissement déjà mises en œuvre, notamment l’élargissement du collatéral éligible à ses opérations de refinancement, le renforcement de ses programmes non conventionnels, ainsi que l’allègement temporaire des règles prudentielles, devraient contribuer, avec celles prises par le Comité de Veille Economique, à atténuer l’impact de la pandémie et à soutenir la relance de l’économie et de l’emploi.

La Banque centrale indique également qu’au regard de la conjoncture particulière qui prévaut actuellement, elle veillera, plus que par le passé, à la transmission de ses décisions à l’économie réelle et fera le point régulièrement à ce sujet avec le plus haut management du système bancaire. Elle précise qu’elle a d’ores et déjà affiné le cadre de ses opérations de refinancement pour favoriser davantage les banques qui déploient le plus d’efforts dans ce sens. 

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Le conseil de Bank Al-Maghrib souligne aussi qu’au regard des fortes incertitudes qui entourent l’évolution de la conjoncture économique à la fois au plan national et international, que la Banque centrale assurera un suivi étroit de la situation et procédera à l’actualisation régulière de ses projections et à l’identification des scénarios d’évolution probables. De même, elle appellera si les circonstances l’exigent à une réunion exceptionnelle de son Conseil avant celle prévue le 22 septembre prochain.

L’état des comptes extérieurs 

Sur le plan des comptes extérieurs, on note que les données provisoires du mois d’avril montrent les premiers signes de l’impact de la crise sanitaire, avec des diminutions de 19,7% des exportations, de 12,6% des importations, de 12,8% des recettes de voyage et de 10,1% des transferts des MRE. BAM indique qu’une relative amélioration serait attendue au second semestre avec la levée progressive des restrictions au niveau national et chez les partenaires commerciaux et les mesures d’appui à la relance, mais celle-ci ne permettrait qu’un rattrapage partiel.

Ainsi, pour l’ensemble de l’année 2020, les exportations accuseraient une baisse de 15,8% globalement, qui concernerait la quasi-totalité des secteurs. En particulier, les expéditions de l’industrie automobile et les ventes du secteur textile et cuir seraient affectées par la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’affaiblissement de la demande étrangère. En parallèle, on apprend que les importations chuteraient de 10,7%, en lien essentiellement avec l’allégement de la facture énergétique et le repli des acquisitions de biens d’équipement et que les recettes de voyage enregistreraient un fort recul qui atteindrait 60%, ainsi que les transferts des MRE qui régresseraient de 25%.

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Toutefois, en 2021, les exportations connaîtraient une certaine reprise, soutenue par l’amélioration de la demande mondiale et la progression des capacités de la construction automobile, bien qu’à un rythme moindre que retenu précédemment. De leur côté, les recettes de voyage et les transferts des MRE devraient marquer des rebonds respectifs de 60% et de 5,2%, traduisant la dissipation graduelle de l’impact du choc de la pandémie. Et pour ce qui est des entrées d’IDE, elles devraient revenir à l’équivalent de 1,5% du PIB cette année avant de retrouver leur niveau tendanciel de 3,2% du PIB en 2021.

Une récession de 5,2% en 2020

Selon BAM Selon BAM, sous l’effet de la pandémie du coronavirus, et aussi de la sécheresse ainsi que des restrictions pour limiter la propagation du Covid-19, l’économie enregistrerait une contraction de 5,2% en 2020 (la plus forte depuis 1996). On apprend que la valeur ajoutée agricole connaîtrait un recul de 4,6%, avec une récolte céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 30 millions de quintaux, et celle des activités non agricoles diminuerait de 5,3%.

Cependant, en 2021, la croissance marquerait un rebond à 4,2%, avec une augmentation de la valeur ajoutée agricole de 12,4%, sous  l’hypothèse d’une production céréalière de 75 millions de quintaux, et une amélioration du rythme des activités non agricoles à 3,1%. Aussi, au regard de l’évolution rapide et incertaine de la situation, BAM indique que ces prévisions restent entourées de fortes incertitudes, avec une balance des risques orientée à la baisse. 

 
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