L'édito

Postures

 


Casablanca a vécu pendant deux
décennies sans schéma directeur
d’urbanisme. La métropole était
sous le régime des dérogations qui a
causé des catastrophes. La ville étant
sous la pression du taux d’urbanisation
le plus fort du pays. L’Agence urbaine
a enfin établi le fameux document.
Seulement les lobbys du foncier, fort
représentés au sein des élus, freinent
des quatre fers, ne trouvant aucun
point positif à ce schéma. C’est une
bataille féroce qui se déclenche parce
qu’il s’agit de très gros intérêts en jeu.
Ce qui est clair, c’est que les dégâts faits
par les dérogations sont immenses,
que la ville s’est appauvrie en espaces
verts, que les nouveaux quartiers sont
moches et que cela ne peut durer. Il
faut une action vigoureuse pour rendre
à Casablanca son éclat et cela ne peut
se faire sans une vision urbanistique à
long terme. 

 

Depuis la signature de l’accord de
libre-échange avec la Turquie,
on entend épisodiquement
des professionnels dénoncer ce qu’ils
appellent la concurrence illégale.
Il s’agit de la politique turque
d’encouragement aux exportations.
Le dernier secteur à réagir est celui
des matériaux de construction,
où la Turquie réussit une percée
impressionnante, ses entreprises ayant
bien compris la spécifi cité du réseau de
distribution au Maroc avec sa multitude

 

 

de revendeurs. Les entreprises
marocaines ne font pas preuve de la
même agressivité vis-à-vis du marché
turc qui est autrement plus important
que le marché national. Mais ceci
n’explique qu’en partie le déséquilibre
commercial. Il y a un problème de
compétitivité. « Les produits turcs sont
à peine moins bons que les allemands et
à peine plus chers que les chinois ». Et si
c’était cela leur secret ?

 

En Europe les temps sont durs, très
durs. La récession touche tous
les pays, y compris l’Allemagne
jusqu’ici présentée comme modèle. Les
élections en Italie sont une catastrophe,
le pays étant ingouvernable, avec une
poussée extraordinaire du populisme.
Partout, les politiques n’arrivent pas à
trouver le bon dosage entre l’austérité
pour assainir les comptes publics et
une politique de croissance. Ce qui
se profile, c’est une nouvelle crise de
l’Euro. L’Italie abandonnant la politique
de Monti. Or, il s’agit de la troisième
économie européenne et du pays le plus
endetté de la zone Euro. La nouvelle
bourrasque nous intéresse au plus haut
point, non par son aspect financier,
mais parce qu’elle aura des impacts
très négatifs sur ce qui constitue
toujours notre principal partenaire
économique : l’Europe. ■

 

 

 

  Adil Lahlou

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