Interview

Mouncef Kettani, président de l’Union Générale des Entreprises et Professions (UGEP)

Le président de l’UGEP, fait une lecture de la nouvelle stratégie nationale de promotion de la TPE, et nous livre sa vision. Détails….


 

 

Challenge. Quel bilan dressez-vous de la situation de la TPE au Maroc ? 

Mouncef Kettani. Le bilan de la TPE est profondément négatif. Nous avons accumulé un retard de 50 ans. Car il faut savoir que les anciennes initiatives n’ont pas donné le résultat escompté. C’est le cas d’ailleurs du programme Rawaj, destiné à la modernisation des TPE opérant dans le secteur du commerce de proximité. Bien qu’on lui ait voué une enveloppe excessive de 9 millions de DH, il n’a touché que 20 000 commerçants parmi 1 200 000 sondés. Plus encore, vers la fin du programme, aucune évaluation des réalisations n’a été faite. Il en est de même pour le programme de soutien aux TPE du secteur de l’artisanat. En gros, les échecs des programmes dédiés à la TPE, sont dus en premier lieu à l’absence d’une stratégie cohérente. Ce qui n’est pas le cas de la PME à titre d’exemple. La preuve, seule la mise en place de l’ANPME (l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise), a encouragé les organismes de formation, les banques…. à suivre et accompagner ce type de structure. 

C. Quelles sont les spécificités des TPE marocaines ?
M.K. La TPE c’est une autre paire de manche. En effet, ces micro-structures, sont actuellement au nombre de 3 millions, soit 10% de la population marocaine et 50% de la population active. L’importance du nombre pose d’énormes problèmes. D’abord, il est à préciser que les TPE, ne sont autres que des petites affaires de menuiserie, plomberie, boucherie…. Sur le plan juridique, ce type de structures ne bénéficient pas de la couverture médicale ni de la couverture sociale. Tout cela, fait que ces entreprises souvent à employé unique ne sont pas considérées en tant que structure mais plutôt en opérateurs volatiles. Aussi, ces métiers sont dans la plupart du temps exercés par des personnes qui n’ont pas de formation, ce qui dévalorise Les TPE. La preuve, un lauréat de la formation professionnelle, et ou d’école d’ingénieur, bien qu’il ait fait en guise d’exemple une formation en mécanique, ne voudra jamais ouvrir un atelier. À partir de là, nous pouvons dire que quels que soient les programmes proposés pour le soutien des TPE, le problème de fond restera toujours la reconnaissance de ces métiers. 

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