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Pourquoi la vente de Zitouna Bank et Zitouna Takaful suscite de l’intérêt au Maroc

Le groupe Banque Centrale Populaire et le consortium composé de CIH Bank-CDG-Qatar International Islamic Bank se positionnent sur le rachat de la banque Zitouna et de sa filiale Zitouna Takaful en Tunisie. Qu’est-ce qui motive les opérateurs marocains dans cette opération ? 


L a récente entrée en lice du groupe BCP et du consortium formé par CIH Bank, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et Qatar international islamic bank a créé un nouveau rebondissement dans le dossier de la vente de la banque tunisienne Zitouna, opérant dans le secteur de la finance islamique et de sa filiale Zitouna Takaful. En effet, ces deux institutions financières tunisiennes ont été mises en vente depuis décembre 2017 par Al Karama Holding, 100% contrôlée par l’Etat tunisien. L’idée est de les céder à un opérateur stratégique local ou étranger à même de leur donner une nouvelle dynamique. Mais la question qui taraude nombre d’observateurs de l’économie marocaine, est de savoir pourquoi ces deux institutions ont attiré l’attention de CIH, de la Banque Centrale Populaire et de la CDG. Pour l’économiste et expert El Mehdi El Fakir, le positionnement des opérateurs marocains sur ce dossier est très stratégique. « D’abord, cela rentre dans le cadre du mouvement d’implantation des opérateurs financiers marocains sur le marché tunisien, entamé par le groupe Attijariwafa bank. Mais, plus globalement, je pense que cela s’inscrit dans cette logique de coopération sud-sud du Maroc basée sur un partenariat win win. Le royaume a fait le pari de soutenir la Tunisie dans cette période très particulière de son histoire marquée par des difficultés économiques », explique-t-il.

Positionnement stratégique

« Je pense que la logique de rentabilité n’est pas l’élément déterminant dans le choix des trois acteurs marocains dans cette opération. Quand je prends le cas de la CDG, par exemple, je pense que ça sera pour elle une prise de participation stratégique dans l’accompagnement de la politique de l’Etat marocain. En tout cas, voir cette opération sous l’angle uniquement de la profitabilité ne me semble pas être une bonne lecture. Pour la BCP, j’analyse ce mouvement comme un renforcement de sa stratégie sur le Maghreb, lorsqu’on sait déjà que sa cible principale depuis plusieurs années est l’Afrique subsaharienne. Et à mon avis, une telle position au Maghreb ne peut être motivée que par la volonté d’accompagner la vision stratégique de l’Etat marocain », poursuit El Mehdi El Fakir. À la question de savoir pourquoi Attijariwafa bank et BMCE Bank, deux grands groupes marocains présents en Tunisie depuis plusieurs années ne se sont pas intéressés à la vente de Zitouna Bank et de Zitouna Takaful, l’expert estime que ces deux opérateurs ont certainement déjà bouclé leur plan d’implantation dans ce pays, et n’ont plus vraiment de la marge pour agir. «Attijariwafa bank a acquis Barclay en Egypte il y a quelques mois, BMCE Bank aussi est engagé dans d’autres mouvements stratégiques sur le continent, et donc se positionner encore sur une opportunité en Tunisie n’est pas évident. Et je pense aussi qu’il y a des freins réglementaires pour éviter une situation de monopole majeur », soutient El Mehdi El Fakir. Notons que la BCP et le consortium CIH-CDG-QIIB font face dans cette course à cinq autres candidats pré-qualifiés. Selon plusieurs sources concordantes, le choix du gouvernement tunisien devrait être connu en juillet 2018. Pour rappel, la banque Zitouna dispose de 114 agences sur tout le territoire national et sa filiale Zitouna Takaful a 48 agences et succursales. Soulignons aussi que l’acquisition porte sur 69,15% du capital de Banque Zitouna et 70% du capital de Zitouna Takaful. Rappelons aussi qu’à fin 2016, Zitouna Bank a enregistré un PNB (Produit Net Bancaire) de 101,748 MDT (dinar tunisien) et sa filiale a réalisé un résultat net en 2016 de 2,490 MDT.

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