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Pourquoi Othman Benjelloun choisit cet instrument ?

Depuis plusieurs mois la tension sur le marché monétaire domestique est à son paroxysme. Mais la BMCE Bank ouvre une nouvelle voie avec ces eurobonds.


Othman Benjelloun est habitué à innover en matière de partenariat, de montage financier ou quand il s’agit simplement de lever des fonds. Cette fois, son groupe bancaire, BMCE Bank, a choisi de lever 300 millions de dollars  sur les marchés obligataires internationaux, devenant ainsi «le premier émetteur marocain non souverain à accéder à ces instruments», souligne Brahim Benjelloun, directeur général de BMCE Bank. L’emprunt d’une maturité de 5 ans est rémunéré dans des conditions identiques au marché marocain avec une prime de risque de 216 points de base, pour un taux d’intérêt de 6,25% et un rendement de 6,50%. «BMCE Bank a ainsi  établi un point de référence sur la courbe des taux  relatifs aux marchés africains qui servira, désormais, de mesure nouvelle du risque aux yeux des investisseurs internationaux intéressés par l’Afrique», souligne-t-il.

«Une délégation de Senior Management de la banque a rencontré plusieurs dizaines d’investisseurs internationaux de renom durant un Roadshow de 5 jours à Genève, Zurich, Londres, Abu Dhabi, Dubaï, Singapour et Hong Kong», explique le directeur général du Groupe BMCE Bank. La démarche a été payante puisqu’une soixantaine d’investisseurs ont répondu présent parmi lesquels, des institutionnels multinationaux, gestionnaires de fonds, compagnies d’assurances et banques privées ainsi que des institutions supranationales.

 

Toujours selon le patron de la banque, l’attention des investisseurs a été orientée vers la diversité et la qualité des actifs de la banque, l’amélioration de sa capacité bénéficiaire, la montée en puissance des activités en Afrique subsaharienne et sa présence proéminente dans une économie marocaine solide et un secteur bancaire en croissance. Evidemment, la première question qui se pose est de savoir, pourquoi ce choix. Ce n’est certainement pas pour faire le buzz dans le microcosme financier. Il s’agit d’un choix que beaucoup d’autres établissements, du moins ceux ayant une qualité de signature similaire, suivront dans les mois à venir.

Si Othman Benjelloun a choisi l’Eurobond, c’est avant tout parce que le contexte s’y prête dans la mesure où il y a un certain assèchement de la liquidité sur le marché marocain. Le marché a besoin que l’Etat et les grandes entreprises contribuent à ramener les devises nécessaires, afin de soulager le marché domestique.

Il est vrai qu’il n’est pas sûr que la totalité de la somme à collecter, à savoir les 300 millions de dollars, reste au Maroc. Puisque le groupe très présent à l’international continue de financer l’activité de ses filiales qui connaît une croissance phénoménale, notamment en Afrique. Mais, si BMCE Bank n’avait pas sollicité les marchés internationaux, elle allait purement et simplement puiser sur le marché domestique, contribuant à exacerber une tension très palpable.

L’autre raison est bien entendu liée à la nécessité de rationaliser la gestion des ressources de la banque. Car, cet emprunt permet «d’optimiser son coût d’endettement à long terme, en diversifiant sa base d’investisseurs», souligne toujours Brahim Benjelloun. C’est aussi un message fort qui vient d’être adressé à la communauté financière internationale qui y voit l’émergence d’une nouvelle génération d’institution financière sur le continent. Certes, ce n’est pas une première en Afrique, puisqu’il existe au moins trois établissements nigérians, à savoir l’Acces Bank, la Fidelity Bank et la Garanty Bank. Néanmoins, la dimension continentale du groupe BMCE Bank, présent dans une quinzaine de pays africains fait une nette différence.

En outre, «en optimisant son coût d’endettement à long terme, en diversifiant sa base d’investisseurs la sortie de la Banque sur les marchés obligataires internationaux permet une visibilité plus large pour le Groupe sur la scène financière Internationale et d’accompagner ses besoins de développement futur et de financement de sa clientèle sur le continent Africain», argumente Brahim Benjelloun.

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