Politique

PPS. La voie du pragmatisme réformiste

Le parti de Ali Yata a toujours sa place dans le champ politique marocain. Malgré un contexte politique peu favorable, caractérisé surtout par une faible implication des citoyens dans le processus électoral, Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, ne perd pas espoir.


Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) passe à une vitesse supérieure. Après avoir présenté le programme électoral du parti du livre, la veille, Nabil Benabdallah a organisé en cette matinée du 20 juillet une rencontre avec la presse et les médias, au siège de la MAP à Rabat.

L’expression clé récurrente qui résume le fond de la pensée de Nabil Benabdallah est le « nouveau souffle démocratique ». Pour le secrétaire général du PPS, le nouveau modèle de développement (NMD), sans prétendre être exhaustif ni parfait, contient des éléments de réponse aux principaux problèmes de la société marocaine. Néanmoins, la dimension politique devrait aussi être prise en compte.

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Le Maroc a besoin d’un « gouvernement fort », tirant sa force première de la participation des citoyens aux élections, et donc de la confiance de la population, tout en étant doté de compétences et politiquement responsable. Le NMD a confirmé, en grande partie, la vision de la gauche au Maroc, dont celle du PPS : l’être humain doit être mis au centre de tout processus de développement.

Ce qui rejoint l’une des principales observations du Souverain afférentes au déficit d’impact socio-économique des politiques publiques. La croissance au Maroc n’a pas été suffisamment inclusive. Nabil Benabdallah établit un lien étroit entre l’économique et le politique. Pas de développement sans démocratie. Le Maroc a besoin d’écrire de nouvelles pages sur tous les fronts. Les défis sont à la fois économiques, sociaux et politiques.

Le premier défi, avant même les prochaines élections, a trait à la réhabilitation du politique, de la confiance des citoyens, par des actes hautement symboliques tels que la libération des détenus politiques du Hirak du Rif ou des autres régions du Royaume. Ce signal politique est indispensable. Plus de 10 millions d’électeurs s’abstiennent. Dans l’immédiat, l’enjeu principal est à ce niveau. Les partis politiques devraient commencer par se remettre en cause, en interne, pour pouvoir entamer une véritable restauration de la confiance et de la crédibilité des institutions.

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Pour Nabil Benabdallah, le PPS est un acteur dont le poids politique est reconnu, malgré ses faibles résultats dans les élections. Cette présence qualitative forte lui permet d’exercer une pression, de contribuer à une dynamique de changement favorable à la démocratie et à la justice sociale. Les grands chantiers économiques et sociaux, en cours ou à venir, vont nécessiter une volonté politique cohérente et des sources importantes de financement. Ce qui impose notamment une véritable réforme fiscale, à travers la lutte contre l’impunité fiscale, l’intégration des activités informelles, et donc l’élargissement effectif de l’assiette corrélé à la baisse de la pression fiscale.

L’investissement public et privé demeure le facteur déterminant de la croissance économique. Néanmoins cette croissance doit devenir inclusive en mettant l’être humain, au centre, comme priorité. Ce qui devrait permettre au gouvernement de mettre en place des réformes sociales solides et structurantes telles que la mise en place d’un « revenu minimum de dignité » au profit des ménages pauvres et sans revenu. Mais, la première condition réside dans l’émergence d’un gouvernement fort, en tant qu’expression politique de la participation active des citoyens aux élections. Un rêve, certes, mais réalisable, pour N. Ben Abdellah.   

 
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