Dossier

Programme Villes Nouvelles : Les leçons d’un échec programmé

Lancé en grande pompe en 2004 par le gouvernement Jettou, le Programme Villes Nouvelles devait aboutir, à son terme en 2020, à l’émergence de 15 nouveaux fleurons urbains intégrés, durables et abritant un million d’habitants. A l’arrivée, le résultat est tout autre avec seulement deux vraies nouvelles villes qui remplissent peu ou prou leurs promesses. Un autre leurre parmi les différents programmes sectoriels ayant pour points communs le même horizon (soit 2020) et un bilan similaire i.e. assez décevant. 


Décidément, l’année 2020 sera celle de tous les bilans au Maroc, à commencer par celui  de l’actuel gouvernement à la veille des prochaines élections législatives prévues en octobre 2021. Mais, ce sont indubitablement les différents programmes sectoriels de longs cours, dont certains ont été portés par trois ou quatre gouvernements successifs dont les bilans ne risquent pas d’honorer leurs promoteurs en oscillant entre le demi-teinte, à l’instar du Plan d’Accélération Industrielle (PAI), de Maroc Digital 2020 ou encore du Programme Villes Sans Bidonvilles (PVSB) et le chétif à l’image des plans jumeaux Azur 2020 et Biladi ou, enfin, du Programme Villes Nouvelles auquel sera consacré ce dossier. 

Aussi, le Plan Azur 2020 qui devait permettre d’injecter près de 60.000 lits additionnels à la capacité d’accueil hôtelière du Maroc à travers six stations balnéaires intégrées, n’exhibera au final, qu’un taux de réalisation nettement inférieur à 10%. Le Plan Biladi ne fera définitivement pas mieux avec des objectifs encore plus décevants, que ce soit en termes de lits additionnels effectivement inaugurés (sur les 30.000 prévus à fin 2020), ou encore au niveau du ratio des touristes nationaux dans les nuitées totales réalisées par les établissements touristiques et hôteliers du Royaume. Quant aux deux plans précités promus par le même département ministériel, en l’occurrence celui piloté par Moulay Hafid Elalamy, ils devront probablement afficher un bilan moins catastrophique, mais avec tout de même plusieurs insuffisances parfois rédhibitoires, sachant par exemple que pour l’objectif ultime du fameux PAI consistant à hisser substantiellement la part de l’industrie dans le PIB du pays, n’aura été qu’un vœu pieux malgré sa réussite indéniable au niveau du secteur automobile et dans une moindre mesure, celui de l’aéronautique.

Le bilan est un peu plus honorable pour le PVSB qui a enregistré des résultats louables dans plusieurs régions du pays (où plus de 60 cités ont été déclarées villes sans bidonvilles sur 85 visées lors de son lancement en 2004) en grande partie grâce aux efforts louables fournis par Al Omrane, principal organe étatique chargé de l’opérationnalisation de ce programme ambitieux, mais qui n’aboutirait probablement pas à fin 2020 (échéance déjà repoussée à deux termes) à l’éradication totale des bidonvilles à cause des vicissitudes de relogement/recasement enregistrées dans les villes de Casablanca, Rabat, Témara, Salé, Marrakech et Larache…

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