Blog de Jamal Berraoui

Que reflète le Parlement ? par ( Jamal Berraoui )

Encore une séance houleuse à la représentation nationale. Mustapha Khalfi, ministre de la Communication, en réfutant toute tentative d’emprise idéologique sur l’audiovisuel a dénoncé  ce qu’il considère comme étant un scandale. Une chaîne qu’il n’a pas identifiée, a diffusé un film dans lequel un mari et sa femme se mettent d’accord, pour que cette dernière entretienne une relation intime avec un employé de maison. Branle-bas de combat, insultes, accusations fusent de toutes parts. La vice-présidente qui dirigeait la séance est incapable de remettre de l’ordre.


Auparavant, le PJD veut une sanction contre Khadija Rouissi, députée PAM, parce qu’elle a accusé Abdelilah Benkirane d’hypocrisie. En même temps, l’opposition veut faire condamner le ministre El Ouafa parce qu’il a dit à un parlementaire, dans le hall du Parlement : va te faire f… ».

Pendant ce temps, les Marocains discutent rarement des films s’intéressent peu à toutes ces joutes. Ils sont obnubilés par les hausses réelles ou annoncées par la rumeur, meurent d’envie d’une véritable réforme de l’Education nationale, de la Santé, de la Justice et si possible d’une amélioration du marché de l’emploi.

Auparavant, le Parlement avait l’image d’une chambre d’enregistrement, souvent dépeuplée parce que les parlementaires ne sont au complet qu’en présence du Roi. Mais jamais le Parlement n’a atteint une telle dégradation de son image. Chaque semaine, le mauvais goût, le manque d’éducation, d’incivilité est à l’ordre du jour.

A ce point, cela reflète une crise sociale, avant que d’être politique. La vulgarité n’est plus un défaut, prohibé en bonne société, mais un signe de combativité.

Sauf que les parlementaires sont des élus, qui vont revenir devant les électeurs. Ceux-ci ne se retrouvant pas dans ce qui se passe dans l’enceinte, il est peu probable qu’ils accourent en masse devant les urnes.

Ce divorce-là ne peut qu’handicaper la construction démocratique. Au-delà des divergences politiques, tous les élus sont responsables. La représentation nationale a un devoir de solennité, de respect des valeurs, de débats sereins même quand ils sont tranchés. Le cirque est en train de dégoûter tous les Marocains.

 
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