Enseignement

Quel bilan après une semaine de cours à distance ?

Afin d’éviter la propagation de l’épidémie du Coronavirus, l’Etat a décidé de fermer les crèches, écoles et universités à partir du 16 mars et jusqu’à nouvel ordre. Parallèlement, un dispositif de cours à distance a été rapidement mis en place par le ministère de l’Education nationale.


D’après les premiers échos, les enseignants sont loin de douter qu’un jour l’Etat allait suspendre les cours en pleine année scolaire. Leurs efforts pour que les cours et révisions respectent le planning des examens ont été anéantis par cette interruption impromptue. Certains enseignants, qui n’ont pas encore bouclé le contrôle du premier semestre, sont déroutés et même démoralisés, car ils sont censés avoir enregistré les notes dans la plate-forme Massar.

Passer du jour au lendemain du tableau noir dans une classe aux TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement) est un choc culturel pour de nombreux professeurs. C’est une expérience lourde et difficile pour deux raisons : Il y a tout d’abord des enseignants qui maîtrisent mal les outils des TICE. Comment un profane peut-il concocter un ’’live’’, une vidéo, une audio, un ‘’data show’’ ? Comment gérer, sans expérience, le trac devant des caméras ? Il faut, en même temps, revoir les cours conçus au départ pour être dispensés en classe, et les adapter à des formats compatibles avec les TICE. Difficile de réussir les deux dans la précipitation et sans préparation aucune. En tout cas, les profs sérieux font de leur possible pour la réussite de ce projet, chacun selon ses capacités et sa débrouillardise.

Toutefois, l’interactivité entre l’enseignant et l’élève est nécessaire pour que ce dernier assimile les cours. Or les solutions offertes par TelmideTICE ne sont pas adaptées à l’interactivité. La difficulté est alors d’assurer l’assiduité des élèves sur la plateforme. Les écrans qui leur permettent d’entrer en contact avec l’école sont aussi le moyen de s’en éloigner, grâce aux techniques redoutables des plateformes des réseaux sociaux pour s’emparer de l’attention de nos enfants. Comment s’assurer que l’élève est là ? A qui s’adresser pour l’obliger à y assister et à faire ses exercices ?  

Enfin, il est nécessaire de souligner que les enseignants du secteur privé n’ont aucune garantie de toucher un salaire durant cette période. Le temps consacré, ces jours-ci, à l’enseignement à distance a occupé tout leur temps. Ces heures passées, en dehors des classes, seront-elles prises en compte ?

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