Blog de Jamal Berraoui

Quelle opposition ? par ( Jamal Berraoui )

La deuxième Chambre est aux mains de l’opposition, elle y est largement majoritaire. L’année dernière, elle a quand même voté la Loi de Finances. Cette année, le refus de l’exécutif de prendre en considération le moindre amendement sert de prétexte à une levée de boucliers qui peut aboutir au rejet de la PLF. Mais pas de panique, cette loi sera adoptée en deuxième lecture devant la Chambre des représentants. L’exercice en lui-même n’a rien de choquant, il serait même un bon signe de vie démocratique. Seulement, que vont-ils faire après ?


L’alliance Istiqlal-USFP se précise. Cependant, les relations avec le PAM restent compliquées. Les militants et les cadres moyens ne soutiennent pas la politique de la main tendue vers le parti de Bakkoury. Les groupes parlementaires coordonnent leur action, mais cela reste limité à l’enceinte du Parlement.

Au niveau local, comme on l’a vu à Settat, les alliances ne respectent pas les consignes nationales. Or, d’ici 2015, il faut arriver à une clarification, si on veut une vie politique saine à la mesure des espoirs suscités par la Constitution de 2011.

L’opposition peut faire évoluer les choses dans le bon sens. Il est peu probable que l’on assiste à des listes uniques mais, qu’au moins les alliances soient claires et surtout préétablies. Le cas d’école le plus frappant, c’est celui de l’électeur qui vote contre le PJD, pour l’Istiqlal et que celui-ci siège dans un bureau dirigé par un Islamiste. C’est un détournement de voix qui mine la confiance et renforce la désaffection. Nous avons 18 mois pour animer un véritable débat public sur la gestion communale. Il est grand temps de réviser le mode de scrutin qui, à part de petites localités, aboutit à des majorités disparates, qui fonctionnent mal.

Mais au-delà, il faut un travail en profondeur pour expliquer aux citoyens ce qu’est une collectivité locale, quelles sont ses prérogatives. Ce n’est qu’ensuite, que chaque parti pourra dévoiler son programme.

Les polémiques, l’agitation médiatique n’ont pas grand intérêt pour la construction démocratique. Ce qui en a, ce sont les propositions  qui concernent la vie au quotidien des citoyens. En 2009, nous avons eu un taux d’abstention record. C’est ce qu’il faut éviter à tout prix et c’est la responsabilité de l’ensemble de la classe politique.

 
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