Rabat se transforme en capitale des startups africaines

Startup Maroc, The Next Society et Diafrikinvest ont organisé, les 6-7-8 décembre 2018, à Rabat, la deuxième édition de StartUp Africa Summit, un évènement international de référence de la scène startup en Afrique.


StartUp Africa Summit est conçu pour réunir les startups innovantes, les investisseurs, les experts du secteur et les leaders de l’écosystème afin de discuter des opportunités du business et d’investissement en Afrique.

Ce sont 300 personnes (39 startups africaines et 20 nationalités) qui ont donc pris part à cet évènement de trois jours pour un learning intensif et un environnement de Networking accueillant permettant aux startups d’Europe, de MENA et de la diaspora marocaine de se lancer sur le marché africain, de partager leurs expériences et de favoriser la coopération et les opportunités d’investissement.

« Il s’agit d’un rassemblement d’investisseurs et d’entrepreneurs pour échanger leurs expertises et leurs expériences. C’est un programme où l’expertise et l’expérience sont très importantes et mises en valeur. Objectif : des leçons d’entrepreneurs pour les entrepreneurs », explique Naoufal Chama, président de Startup Maroc.

Parmi les sujets discutés lors de ce samedi 08 décembre, journée réservée aux conférences, les startups qui façonnent l’Afrique. Ce panel a réuni Mbwana Alliy, fondateur de Savannah Fund (Tanzanie), Marc Kamgaing, fondateur de Harvest Asset Management (Cameroun), Tarik Fadli, PDG de Algo Counsulting Group, et Marcello Schermer, Head of Expansion de Yoco (Afrique du Sud), soit deux fonds d’investissements (les deux premiers) et deux startups (les deux derniers).

« Pour être entrepreneur, il faut être soit fou soit très naïf. Il faut un mix des deux. Des fois, c’est un rêve de devenir entrepreneur. D’autres fois, il suffit d’une idée. Dans mon cas, c’était une opportunité. Chez Microsoft,  je me suis rendu compte qu’il y avait un gap entre ce que Microsoft fait et ce que veut le client. Et si on arrive à remplir ce gap, on crée un business. Microsoft se concentre sur le produit, ACP sur le business process. Algo Consoulting Group est un hybride des deux », note Tarik Fadli.

« Le premier obstacle, au Maroc, est culturel. Quand on passe de salarié à patron, la première personne qui s’y oppose est votre père. Il n’a pas compris comment on peut quitter un job qui paie bien pour se lancer dans une aventure. Autre obstacle, notre culture condamne l’échec. Le secret est de se relever toujours », souligne le PDG de Algo Counsulting Group.

« Il y a plusieurs suppositions sur les TPE. Il y en a qui disent par exemple que les TPE n’acceptent pas le paiement électronique pour éviter les taxes. D’autres avancent que les TPE ne vont jamais utiliser les produits technologiques… La réalité est tout autre. Les gérants des TPE sont des entrepreneurs. Si on leur offre un produit qui va les aider à développer leur business, ils sont preneurs. 15% des demandes TPE qui ont postulé pour des terminaux de paiement électroniques (TPE) ont été rejetées. D’autres, plus nombreux, n’ont même pas postulé parce que la procédure est trop longue. Notre solution digitale, livrée le lendemain de la commande alors que les TPE prennent 6 semaines, consiste en un lecteur de cartes et une application qui permettent aux utilisateurs de transformer les smartphones en terminaux de paiement. Actuellement, nous avons 35.000 clients », explique Marcello Schermer.

Le deuxième panel a été animé par Hynd Bouhia, PDG de Global Nexus, Ghazi Benothmane, directeur général de UtiQ Ventures (Tunisie), Omar El Hyani, directeur des Investissements de Maroc Numeric Fund et Khalil Azzouzi, Partner à Azur Partners.

Ce panel s’est focalisé sur les leçons de la part des investisseurs. « La manière avec laquelle l’entrepreneur gère son fonds est très capitale. Se référer tout le temps aux investisseurs concernant les décisions est plein de complications. C’est important d’avoir un pouvoir décisionnel. Aussi, les process doivent être suffisamment claires pour les porteurs de projet », explique Khalil Azzouzi.

De son côté, Hynd Bouhia insiste sur l’entrepreneur. « Durant ces deux années, nous avons encouragé plusieurs nouvelles idées. Nous investissons surtout dans la personne. Quand on parle d’une startup, on désigne l’entrepreneur porteur d’idées. Il faut croire en son produit, le développer et l’exporter ».

Pour sa part, Omar El Hyani, directeur des Investissements de Maroc Numeric Fund, précise qu’«une des leçons les plus importantes que je peux adresser aux entrepreneurs est de ne pas être têtu. Demandez conseil aux personnes qui vous entourent. Vous devez aussi changer votre stratégie lorsque le marché l’exige. Il faut également prendre les bonnes décisions au bon moment ».

A travers cette deuxième édition, Startup Africa Summit a donc servi de plateforme d’immersion pour les porteurs de projets. Elle leur a ainsi permis à mieux appréhender les développements de leurs activités en Afrique à travers différentes disciplines : études de marché, innovation, lancement de produit, levée de fonds, médias, pricing et technologies…

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