L'édito

Raison et responsabilité

La tolérance est une arme redoutable contre le rejet de l’autre et contre toutes les maladies que déclenche le virus du racisme. Le Maroc a fait son choix de bâtir des ponts entre les peuples, alors que les autres ont choisi de bâtir des murs de séparation pour éviter la propagation des « maladies chroniques et l’insécurité ». Celui qui n’a pas choisi sa maladie ne peut être puni parce qu’il a une couleur et un itinéraire autres que les nôtres. Tous les humains ont choisi depuis la nuit des temps le mouvement dans l’espace, ils ont bâti des empires, construit des temples et créer des civilisations. Faire des discours sur l’Afrique ne pourrait jamais remplacer des actes pour l’Afrique. Le Maroc a choisi de faire face à son destin africain et de bâtir avec ses frères l’avenir des peuples de son continent. Régulariser des situations et octroyer des papiers officiels pour plus de dignité et de reconnaissance de la personne humaine n’est point un geste de bienfaisance, mais un acte de responsabilité dans un contexte qui fait tomber les masques. La reconnaissance de l’autre et son respect est un devoir et une obligation morale et la régularisation des immigrés en situation de précarité ne peut s’apparenter à un geste passager. Les bureaux de l’administration territoriale resteront ouverts pendant une année pour contribuer à l’ouverture des portes de la dignité et de l’espoir devant des femmes et des hommes ayant été contraints de quitter leurs pays. C’est ainsi qu’est fait ce pays et c’est ainsi qu’est faite la volonté de son Roi.


Au moment où les politiques prennent le temps dans la formation du gouvernement faute de négociations sérieuses, l’appareil sécuritaire marocain travaille d’arrache-pied pour protéger la nation et les citoyens. Le bilan présenté par Abdellatif Hammouchi au titre de 2016, est édifiant. L’interpellation d’un demi-million de personnes a permis l’arrestation de 150000 recherchés et d’enregistrer 1.683 contraventions au code de la route. Les mesures disciplinaires à l’encontre des agents de sécurité ont touché 2007 parmi eux et les saisies de drogues ont porté sur une quantité ayant atteint 106 tonnes. Le bilan est positif et témoigne du travail accompli pour rassurer les citoyens, les institutions nationales et internationales et pour encourager l’investissement. La sécurité a certes des liens étroits avec les dysfonctionnements des autres secteurs comme l’éducation, le marché de l’emploi et la gestion publique des différentes politiques sectorielles, mais le professionnalisme est toujours un critère d’efficacité dans l’exercice de ce métier très sensible. Rendre hommage aux femmes et aux hommes de notre institution sécuritaire, c’est leur permettre de travailler dans la sérénité et leur assurer les moyens adéquats pour se défendre contre les délinquants dangereux et ce, dans le respect de la loi.

La position du Wali de Bank Al Maghrib au sujet du flottement libre de notre monnaie nationale, est claire. Il faut évaluer et étudier avec rigueur l’impact de toute mesure avant de la mettre en application. Les financiers nationaux, comme ceux relevant des institutions internationales, font leurs analyses et certaines projections sur l’évolution de notre économie dans son lien avec les taux de change. Ils insistent sur l’appréciation continue de notre dirham et de ses effets sur la demande extérieure adressée à notre pays. Le FMI ne cesse de pousser nos décideurs vers une flexibilité de notre politique de change et ceux-ci considèrent que le passage à l’acte doit être mûrement réfléchi. Abdellatif Jouahri fixe le deuxième trimestre 2017 pour introduire ladite flexibilité, afin que toutes les entreprises publiques, les banques et les opérateurs concernés par cette importante question soient préparés. Le taux de change n’est pas l’unique facteur dans la détermination des équilibres de nos comptes extérieurs. C’est pour cette raison, que le Wali de BAM a insisté sur l’approfondissement des études d’impact de la flexibilité.

 
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