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Recensement 2014 L’exploitation des données livre les réalités


Le recensement général de la population et de l’habitat de 2014, vient de nous délivrer les données détaillées sur notre pays. La mobilisation a été grande durant l’opération de recensement, tant au niveau des ressources humaines que des moyens techniques utilisés pour inscrire cette opération dans le cadre des normes internationales en matière des statistiques concernant les populations et l’habitat.
par  D. A.

C’est une mine de données qui doit servir de base aux études et recherches universitaires et permettre aux pouvoirs publics de mieux cerner les contours et le contenu des politiques publiques. Le Haut-Commissaire, Ahmed Lahlimi Alami a tenu à préciser que le RGPH n’a pas encore délivré tous ses résultats et que d’autres données vont enrichir les bases de données utiles pour notre économie et la gestion de notre espace.L’enquête Post-Censitaire, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 15.000 ménages a permis de s’assurer que   le taux de couverture du RGPH 2014 s’établit à 98,62%.

Une baisse de l’accroissement démographique
Les  grandes données  ont permis de constater  un accroissement démographique en baisse. Ainsi, le taux d’accroissement annuel moyen de la population a baissé de 1,35% entre 1994 et 2004 à 1,25% entre 2004 et 2014.  Cette évolution démontre les changements intervenus dans les comportements  des familles  et les choix  qui les sous-tendent, notamment en matière sociale, éducative et économique. La population urbaine  s’accroit à un rythme annuel de 2,1% durant la dernière décennie, alors que le taux d’évolution de  la population rurale  s’est inscrit dans une évolution négative soit -0,01%. Cette évolution a fait passer la population urbaine à 60% de la population globale. Les résultats nous permettent de voir que la population de moins de 15 ans  est passée de 31% en 2004 à 28% en 2014, alors que la tranche d’âge  de 60 ans et plus a connu une évolution la faisant passer de 60,7% à 62,4% durant la même période. Les personnes âgées résident dans une proportion qui dépasse les 30% dans les régions de Beni Mellal, de l’Oriental et de Fès –Meknès.

Langues nationales
 L’exploitation des données au niveau des langues nationales a permis de constater que  le dialecte arabe «Darija» est parlé par  89,8% (96% en milieu urbain et 80,2% en milieu rural).La langue Amazighe se situe en 2014 à 27% (dont Tachelhit 15%, Tamazight 7,6% et Tarifit 4,1%). «Cette proportion est beaucoup moins élevée en milieu urbain (20,1%) qu’en milieu rural (36,6%).» La distribution géographique des composantes de la langue Amazighe montre  que la  langue Tachelhit est  « prépondérante dans les régions de Souss-Massa avec 70% de la population, Guelmim-Oued Noun  avec 52,5%, Draâ-Tafilalet  avec 29,7% et Marrakech-Safi  avec 27,6%. Pour ce qui est du Tamazight, il est plus utilisé dans les régions de Draâ Tafilalet avec 48,8%, Béni Mellal-Khénifra avec 29,9% et Fès-Meknès avec 13,5%. Le Tarifit, quant à lui, concerne davantage les régions de l’Oriental avec 38,4% et de Tanger-Tétouan avec 8,2%.»

Scolarisation des enfants : un accès à l’école quasi-généralisé
Malgré les dysfonctionnements que connait notre système scolaire, le recensement  a permis de relever que le taux de scolarisation de 7 à 12 ans  est passé de 80,4% en 2004 à 94,5% en 2014. «Cette progression est plus marquée en milieu rural et parmi les filles. »Les données montrent que le taux de scolarisation est le moins élevé dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de l’Oriental avec 92,9%. Tandis qu’il a atteint   plus de 97% dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et Eddakhla-Oued Eddahab.

Niveau d’études de la population âgée de 25 ans et plus
La répartition de la population âgée de 25 ans et plus, montre qu’au niveau national,  «45% ne disposent d’aucun niveau d’instruction, 21,2% d’un niveau d’enseignement primaire, 12,3% du niveau du collège, 10,2% du niveau du lycée et 8% du supérieur. En milieu urbain, la proportion de la population n’ayant aucun niveau d’instruction est de 32,6% (66,4% en milieu rural) et celle disposant d’au moins du niveau secondaire est de 26,2% (4,3% en milieu rural). » La période  passée dans les institutions de l’enseignement  s’est située à 4,4 années avec 5,8 années en milieu urbain, contre seulement 1,9 année en milieu rural. Les disparités au niveau de l’accès aux différents services publics expliquent en grande partie la courte période de scolarisation en milieu rural.
Sur le front du chômage, seul un point a été gagné en une décennie. Son  taux est passé  de 16,7% à 15,7%. Les villes concentrent la part la plus importante des chômeurs, avec un taux de 18,9% contre 9,9% dans les campagnes. Les femmes sont les plus touchées par le chômage avec 28,3% contre seulement 12,2% pour les hommes.

Logements et ménages
Les autres résultats du RGPH 2014 , concernent la diminution du nombre de personnes par ménage de 5,24 à 4,6, l’amélioration des conditions d’habitation avec des logements plus modernes et spacieux et un plus large accès à la propriété du logement. Celui-ci est  mieux doté en équipements sociaux de base. Les ménages sont mieux dotés en équipements, mais le parc de logements est vieillissant.n

 
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