Enseignement

Rentrée scolaire au Maroc : les inquiétudes des enseignants

La rentrée scolaire 2020-2021, prévue le 7 septembre prochain, approche à grands pas. Et le dispositif décidé par le gouvernement, à savoir le présentiel et le distanciel, semble difficilement assimilable par le corps des enseignants. Certains sont confus, d’autant plus que la situation en matière d’équipements informatiques au niveau de centaines d’établissements n’est pas reluisante. De même, la formation des enseignants à l’utilisation des nouvelles technologies demeure un grand défi. 


« La situation est floue. Il y a beaucoup de questions en suspens actuellement. Est-ce que le public peut assurer une qualité d’enseignement en mode distanciel ? Quid du privé aussi ? », confie d’emblée, Adil El Mahdi, Secrétaire général de l’Association marocaine des enseignants de français (AMEF) et également Directeur adjoint de l’Ecole supérieure de l’éducation et de la formation d’Agadir. Il ajoute que le flou existe davantage dans le préscolaire.

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« A Agadir ici, beaucoup de familles ont préféré changer d’écoles à leurs enfants, compte tenu de la situation actuelle. En effet, certaines familles ont choisi de retirer leurs enfants du privé pour les inscrire dans le public, pour la simple raison qu’elles estiment que dans le cas où le reconfinement va resurgir, l’enseignement se fera à distance, et qu’il ne sert à rien de payer très cher une école alors que ce sont les parents qui s’impliquent dans ce cas. C’est moins cher pour les parents », poursuit Adil El Mahdi, ajoutant aussi qu’il y a un souci en matière d’équipements informatiques pour ce qui concerne l’enseignement à distance au cas où le Maroc devra faire face à un nouveau confinement.

« Le distanciel demande beaucoup d’équipements en termes de connexion internet à haut débit pour pouvoir visualiser les vidéos, faire des exercices en plateforme, disposer d’un ordinateur, une tablette ou autre. C’est un défi. Il faut aussi se demander si tous les établissements sur le territoire national ont la possibilité d’assurer un enseignement à distance. Il va sans dire que l’enseignement à distance ne peut se faire via WhatsApp », souligne-t-il. Pour lui, la date de la rentrée scolaire aurait dû être repoussée, mais la pression du privé a poussé le gouvernement à ne pas fléchir sur la date. Soulignons que l’Association fait aussi remarquer qu’il est demandé aux enseignants de se rendre dans les établissements scolaires pour assurer les cours à distance, alors qu’il y a un grand nombre d’établissements qui ne sont pas encore équipés en matériels adéquats.

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« Il nous est également demandé des enregistrements vidéos de cours selon des normes qui nous dépassent. Je pense que le ministère a un projet en cours pour équiper les enseignants avec les matériels nécessaires, au moins au niveau des établissements des grandes villes. Le grand défi aujourd’hui, est de réussir à former les enseignants en matière d’enseignement à distance, parce que nous n’étions pas préparés à une telle situation. Je pense qu’il est nécessaire de mettre en place un programme national de formation dans ce sens. En tous cas, si la situation sanitaire se dégrade, cela posera un sérieux problème dans le dispositif du distanciel. Mais, je reste confiant que la rentrée 2020-2021 sera une réussite », conclut Adil El Mahdi. 

 
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