Banque mondiale

Reprise économique : le Maroc devrait retrouver une croissance de 3,8 % en moyenne à partir de 2022 [Rapport]

Selon la Banque mondiale, même si le Maroc a bien géré la pandémie, il n’en demeure pas moins que la reprise économique sera longue. Cependant, l’institution estime aussi que la pandémie représente une opportunité d’accélérer des réformes économiques engagées depuis longtemps au Maroc.


Dans son tout dernier rapport sur l’économie marocaine, la Banque mondiale ne cache pas son satisfécit sur la stratégie de gestion de la pandémie du Maroc et également sur sa feuille de route pour la relance de l’économie nationale. Intitulé « Rapport de suivi de la situation économique du Maroc-Juillet 2020 », le document affirme ainsi que la reprise économique sera longue. « À moyen terme, la croissance récupérera progressivement, avec cependant un haut degré d’incertitude concernant le rythme et la durée de cette récupération à cause de plusieurs inconnues, y compris la découverte de traitements ou de vaccins contre la COVID-19 », souligne le rapport, ajoutant que la croissance ne retrouvera son niveau antérieur à l’épidémie qu’en 2022, au plus tôt.

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Les experts de la Banque mondiale font aussi remarquer qu’en 2021, l’économie s’accroîtra probablement de 3,4 % avec une augmentation de la production agricole grâce à des conditions climatiques plus normales et un accroissement plus lent de la production non agricole, alors que l’activité économique intérieure redémarrera parallèlement au relèvement des principaux marchés d’exportation européens du Maroc. En ce qui concerne le tourisme, on apprend que le secteur se remettra à un rythme plus lent « dans la mesure où l’inquiétude concernant de nouvelles vagues d’infection limitera la demande mondiale, de même que la réduction du revenu et de l’épargne des ménages sous l’effet de la récession, et les éventuelles quarantaines imposées aux arrivées internationales, etc. ».

Les économistes de la Banque mondiale tablent d’ailleurs sur une croissance économique de 3,8 % en moyenne en 2022–2024 pour le Maroc. Notons que sur la gestion de la pandémie, la Banque mondiale a souligné que l’Etat marocain a bien géré la situation en mettant en place les mesures idoines pour contenir la propagation du virus et en même temps atténuer l’impact économique de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises. « Grâce à des mesures politiques rapides et fermes, le Maroc a subi l’épidémie de COVID-19 de manière modérée, et ce, malgré l’importance de son secteur touristique, et le fait que les perspectives de maîtrise de l’épidémie soient positives », fait remarquer la Banque mondiale, ajoutant toutefois qu’en raison du choc causé par la pandémie et de ses répercussions, l’économie marocaine connaîtra en 2020 sa pire récession depuis une génération.

« Comme dans de nombreux pays, au Maroc l’épidémie entraînera des pressions fiscales importantes et augmentera également la dette publique. Ces dernières années, malgré ses progrès réalisés en matière de viabilité budgétaire, le Maroc n’a pas atteint son objectif de déficit budgétaire qui est de 3 % du PIB. Il sera encore plus difficile à réaliser en raison du choc de la COVID-19 et de ses conséquences, car la diminution des recettes fiscales, due à la baisse de la croissance économique, et les dépenses supplémentaires liées à la COVID-19 réduiront la marge de manœuvre budgétaire », affirment les auteurs du rapport.

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Cependant, la Banque mondiale estime que malgré les difficultés, la pandémie représente une opportunité d’accélérer des réformes économiques engagées depuis longtemps au Maroc. Dans ce sens, le rapport indique que la reprise de l’économie dépendra de la manière dont le système de santé pourra détecter les niveaux locaux de transmission de la COVID-19 et riposter, ainsi que de la durée de l’épidémie. « Néanmoins, les ripostes politiques visant à soutenir les employeurs et les travailleurs pendant la crise détermineront la rapidité avec laquelle le pays pourra se relever au lendemain de cette crise », soutiennent les auteurs du rapport.

 
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