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Risma: les raisons d’un engouement pour l’économique

Le groupe d’investissement touristique mise sur les hôtels 2 et 3 étoiles pour assurer sa rentabilité. Une barrière à l’entrée loin d’être rédhibitoire,  un taux d’occupation élevé et un retour sur  investissement rapide, sont autant de facteurs qui motivent cette réorientation stratégique. Détails… 


L’hôtellerie économique prend des couleurs au Maroc. C’est la raison pour  laquelle Risma,  la société d’investissement touristique et le principal instrument de financement d’Accor Maroc (seule chaîne sur le créneau), veut recentrer sa stratégie de développement sur ce segment.  Suite à cette décision, le groupe prévoit à moyen terme, le lancement de huit Ibis Budget(ndlr: son enseigne de la catégorie deux étoiles). Il s’agit d’une  joint venture détenue à parts égales par Risma et Akwa group, et qui s’est traduite par l’ouverture de trois Ibis Budget (Tanger, El Jadida et Agadir) en 2011 et 2012. A l’heure actuelle, «le foncier relatif à ces huit futurs hôtels de catégorie deux étoiles  est déjà réservé», déclare Marc Thépot vice-président du directoire de Risma. S’agissant de leur implantation, il précise qu’ «ils seront à la fois dans les villes où la marque est déjà présente et dans celles où elle est encore absente comme Laâyoune et Kénitra».

Rentable et peu  coûteux !

Amine Echcherki et Marc Thépot, respectivement président et vice-président du directoire de Risma, lors de la présentation des résultats 2012 du fonds d’investissement.

Déjà, Risma s’attellera au redressement des deux unités Ibis situées à Tanger, qui ont vu leurs chiffres d’affaires fortement diminuer du fait de la concurrence accrue. Ainsi, elle ouvrira en 2014 un Ibis à CasaNearshore à Casablanca. Alors quel est le secret de cet engouement  pour le segment économique?
«Le segment de l’hôtellerie économique est en croissance depuis sa création, car il est en adéquation avec la baisse des budgets alloués aux investissements touristiques, mais également ceux relatifs  aux déplacements et aux voyages professionnels et touristiques», souligne une analyse publiée en 2012 par HBC Capital France.
Bien que s’adressant en partie à une clientèle étrangère, le cœur de cible de Risma pour le segment économique est le consommateur national. Le fonds d’investissement voit en la consommation intérieure un relais de croissance pouvant compenser la baisse de la demande étrangère en temps de crise par exemple. La preuve en est la contribution de l’économique aux 1.363.016 de nuitées globales réalisées en 2012 par l’ensemble des hôtels du groupe, à hauteur de plus d’un demi-million de nuitées. C’est pourquoi le fonds d’investissement qui a parachevé son plan de développement sur le haut de gamme avec l’ouverture des Sofitel d’Agadir et de Casablanca, va recentrer dorénavant sa stratégie de développement sur le segment économique. Il faut dire que les hôtels économiques sont  faiblement capitalistiques en comparaison avec ceux du haut de gamme (Sofitel) pour lesquels Risma prévoit une montée en puissance, ainsi qu’un renforcement significatif de leurs revenus et de leur capacité bénéficiaire. En attendant, à en croire Amine Echcherki, président du directoire de Risma, le coût de revient d’un Ibis Budget est de 60 millions de DH, y compris le foncier et le capital de départ (10 millions de DH). Le deuxième facteur qui joue en faveur de l’hôtellerie économique réside dans la réduction des budgets dédiés aux séjours professionnels et touristiques. En effet,  avec ses prix de vente compris entre 300 et 350 DH, cette chaîne économique attire de plus en plus la clientèle individuelle étrangère, mais surtout nationale, qui représente son coeur de cible. Une attractivité commerciale qui lui permet d’enregistrer un taux d’occupation moyen de 60%. Somme toute, partant d’un coût de revient global d’une unité hôtelière (2 étoiles) de 60 millions de DH, la nuitée vendue entre 300 et 350 DH avec un taux d’occupation de 60%, le promoteur peut récupérer son investissement de départ à partir de la deuxième année, et commencer à se frotter les mains à partir de la troisième. 

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