Blog de Jamal Berraoui

Sahara : au-delà de la victoire par ( Jamal Berraoui )

Je n’ai rien d’un prétentieux, mais sur l’affaire du Sahara, je suis une véritable mémoire, parce que je suis ce dossier depuis 40 ans et que j’ai toujours été aux premières loges concernant l’information. Driss Basri, qui n’a jamais été l’une de mes relations, disait à ses lieutenants, il y a trois journalistes qui connaissent cette affaire, Abdelhaï Aboulkhatib qui nous a quitté il y a longtemps, Si Mohamed Lachheb et l’auteur de ces lignes.


Comme je l’ai écrit sur le support papier de Challenge, il faut arrêter avec les attitudes triomphalistes à tout bout de champ, à chaque fois que le conseil de sécurité ne suit pas les algériens. Le coup de fil du Roi à Ban-Ki-Moon est un acte souverain de la plus haute importance. Le rapport du secrétaire général évoquait la possibilité de passer de l’article 6 à l’article 7. C’est-à-dire d’une solution négociée, mutuellement acceptée, à une solution imposée, y compris la force, par le conseil de sécurité. Que les grandes puissances ne suivent pas ce raisonnement et adoptent le projet de résolution américaine est effectivement une excellente chose. Sauf que d’ici au 15 avril 2015, il faudra tout recommencer.

Ce sont les services algériens qui déterminent l’agenda médiatique sur l’affaire du Sahara, y compris au Maroc. De quoi parle-t-on le plus ? de l’extension des compétences de la Minurso à la protection des droits de l’Homme. Nous sommes sur une position défensive, comme si l’Etat marocain faisait régner la terreur, dans ce qui est pour nous, nos provinces du Sud. Or, il y a 6 missions semblables à celle de la Minurso qui ne se chargent pas des droits de l’Homme. C’est juste une absurdité que de présenter cette demande du Polisario, comme le grand danger.

Par contre, cela fait trois ans que le conseil de sécurité réclame à l’Algérie le recrutement des réfugiés de Tindouf sous les auspices du HCR. C’est beaucoup plus important, parce que celà détermine le volume des aides humanitaires nécessairement surdimensionnées puisqu’elles se retrouvent sur les marchés africains. Mais surtout parce que cela signifie qu’il faut accorder aux réfugiés les droits de circulation, de travail, de libre expression. Pour mémoire, dans le cadre des visites familiales, des dizaines de Sahraouis ont choisi de rester au Maroc, pas un seul n’est resté à Tindouf.

Enfin, la question du Sahara est liée depuis trois ans à la sécurité dans le Sahel et ce, par le conseil de sécurité. C’est stratégiquement beaucoup plus important que le fait que l’extension du mandat de la Minurso soit refusée. Il nous faut une véritable compréhension des enjeux, au-delà des bulletins de la MAP. Sinon nous restons dans la configuration d’un dossier qui en haut lieu où nous ne sommes convoqués que pour les applaudissements. Ce n’est pas le rôle d’une presse libre.

 
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