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Sahara : l’Algérie jouera-t-elle le jeu ?

La rencontre de Genève, selon l’ONU, devrait donner le coup d’envoi à un processus pour un règlement définitif du conflit du Sahara. La Mauritanie n’envoie pas une délégation, mais juste son ministre des Affaires étrangères, c’est le signe d’une moindre implication qui correspond à la réalité. Nouakchott n’a pas réellement d’influence depuis qu’elle est sortie de l’accord de Madrid.


Mais l’Algérie sera représentée par une forte délégation. C’est de son attitude que dépendra la suite des événements. Soit c’est la raison qui l’emporte et Alger devra acter que le Conseil de Sécurité a enterré le processus référendaire, parce qu’il est impossible à organiser et que la seule base de négociation disponible, c’est la proposition d’autonomie formulée par le Maroc. Soit Alger ressasse ses positions sur « l’autodétermination » et c’est le dialogue de sourds qui s’imposera. Genève ne sera alors qu’une pâle copie de Manhasset.

On verra donc dès le début des négociations, dès les premiers contacts, dans quel état d’esprit sont les représentants algériens.

Quand on connaît la diplomatie algérienne, on ne peut qu’être pessimiste. Pourtant plusieurs facteurs pourraient jouer en faveur d’une inflexion des positions de nos voisins.

D’abord la pression internationale est importante. Les grandes puissances, y compris la Russie, veulent clore ce dossier par crainte d’une déstabilisation encore plus poussée dans la région. Le phénomène migratoire et le terrorisme ne peuvent être efficacement combattus sans, non seulement la stabilité, mais la coopération des états de la région. Cette conviction, partagée par tous, finira par s’imposer aux militaires d’Alger.

Ensuite, il y a la situation interne à l’Algérie. L’économie de rente n’est plus tenable depuis longtemps. L’extrême jeunesse de la population est peut-être une richesse, mais pour le moment, elle constitue des défis pour les gouvernants algériens. La situation politique est totalement bloquée au point que le système n’a pas trouvé de candidat pour succéder à un président réellement usé.

Dans ces conditions, le recours au danger externe, que serait le Maroc, est définitivement non efficient. Pourquoi donc continuer à supporter le fardeau de ce dossier, qui « bouffe » l’énergie de l’État algérien, alors que cela n’a pas empêché le Maroc de continuer son chemin ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les élites économiques, celles du secteur privé naissant, tiennent en aparté, ce discours. Il est donc possible que cette parole devienne publique et emporte l’adhésion du peuple algérien, qui n’a aucune détestation pour les marocains.

Nous verrons donc si à Alger, l’heure est au réalisme ou si les dirigeants restent fermés, y compris aux appels de leurs alliés. Le Maroc n’y peut pas grand-chose. Il est inconcevable que Rabat cède sur la souveraineté nationale. Tout le reste peut se négocier. Mais pour le faire, il faut être deux. Alger a accepté de se mettre autour de la table.

Mais pourquoi y faire ?

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