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Sahara : rien de nouveau

Christopher Ross

La visite de Christopher Ross a suscité beaucoup de commentaires. Elle fait suite au discours Royal devant le Parlement qui a évoqué « des moments difficiles ». Les séparatistes ont organisé des manifestations à Laâyoune et Smara.


C’était prévu, les forces de l’ordre ont été renforcées dans ces deux villes. Les commentaires laissent entendre, imaginer une situation très éloignée de la réalité du terrain.
En fait, la majorité des manifestants était constituée d’enfants, d’adolescents et l’ensemble ne dépassait pas quelques centaines à Laâyoune et quelques dizaines à Smara. Des éléments des forces de l’ordre ont été blessés par des jets de pierre. Il ne faut pas en faire un film, parce que nous savons tous depuis des années, que le «Polisario» recherche, par la provocation, une riposte répressive violente, qui occasionnerait des morts, ce qui lui permettrait de faire avancer ses pions.
Sur le plan militaire, l’affaire est entendue, Abdelaziz et les siens savent que leur défaite est définitive. Sauf à s’impliquer directement dans un conflit armé dévastateur pour les deux pays, l’Algérie ne peut rien pour eux.
Sur le plan diplomatique, ils tentent de jouer la carte des droits de l’homme. C’est pour cela que lâches comme ils sont, ils envoient des enfants à l’affrontement en espérant voir en tomber un, ce que fort heureusement, les sécuritaires font tout pour éviter.
Tout cela n’est que de l’écume. Ross veut préparer une énième rencontre à Manhasset. Il est tenu par les résolutions du Conseil de Sécurité et son rôle c’est de trouver une plateforme pouvant servir à « une solution politique acceptable par les deux parties ».
Il faut être naïf pour croire que Ross va déterminer l’avenir du Sahara et que des manifestations, même quand elles dégénèrent, vont forger sa conviction. Il n’est pas maître du jeu, ce n’est qu’un fonctionnaire.
Christopher Ross réussira peut-être, rien n’est moins sûr, à organiser une nouvelle rencontre à Manhasset. C’est tout, point barre. Le Polisario et l’Algérie s’arcboutent autour du référendum. Le Maroc a accepté le principe, sûr de la légitimité de sa cause, mais il est impraticable. Le problème est très simple c’est celui des votants, de la base électorale. Les représentants du Polisario refusent tous ceux qu’ils savent unionistes, les gens nés au Sahara, de père Sahraoui.
En proposant l’autonomie, le Maroc a d’abord répondu à une demande du Conseil de sécurité. Celui-ci constatant le blocage a demandé aux « parties concernées » de proposer des alternatives. L’option séparatiste n’est pas retenue par la communauté internationale, parce qu’elle n’est pas viable.
Les commentateurs devraient se rappeler de l’essentiel. D’abord qu’aucun marocain, digne de cet épithète, n’acceptera que son pays devienne une presqu’île coupée de son environnement africain. Ensuite, les grandes puissances savent que ce pays, par sa situation géographique, mais aussi par son histoire, est un socle sécuritaire.
Pas de panique. Le Sahara est marocain et le restera. L’institution monarchique connaît les enjeux et agit en conséquence. Ross n’arrivera à rien parce que ce conflit est factice. Il cache un conflit Maroco-Algérien. Un contentieux atavique que l’ONU ne peut pas régler. Le jour où la démocratie triomphera en Algérie, les deux peuples, les deux Etats se consacreront à l’édification du grand Maghreb et le « Polisario » n’existera plus. Cette certitude ne doit pas nous endormir. Politiques, associatifs, nous devons tous y concourir. Rien, absolument rien, n’a changé et ne risque de changer. Depuis 40 ans, l’Algérie a choisi d’entretenir un contentieux factice, elle a les pétrodollars pour continuer. Ross ou son successeur perdent leur temps. L’interlocuteur, ce n’est pas le Polisario, mais la sécurité militaire algérienne. n

P.S qui n’a rien à voir
Aboubakr Jamaï est mon neveu, je suis en total désaccord avec ses options politiques et je l’ai écrit quand d’autres l’élevaient au statut d’idole. Je trouve détestables les attaques personnelles dont il fait l’objet. Ce n’est ni un comploteur, ni un mercenaire ni un voleur. Ses positions sont critiquables, l’homme est intègre, entier, voire même naïf. Il se trompe, mais ce n’est pas un malfrat.

 
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