L'édito

Les dégâts du coronavirus sur l’emploi

Au niveau mondial, on considère que le marché de l’emploi affronte sa plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale. On évalue à près de 1,25 milliard les emplois risquant la destruction et c’est l’Organisation internationale du travail qui le dit.


Au Maroc, le ministre du Travail nous annonce la perte de 712.000 emplois et un taux de chômage record à 14%. Si la vague de licenciements semble inévitable, le gouvernement essaye de l’adoucir en offrant des avantages au niveau de la CNSS, en contrepartie de la sauvegarde de 80 % des effectifs. Les patrons préfèrent remettre sur la table la réforme du code du travail et la question de la flexibilité. Sans relance réelle, le marché de l’emploi restera sous tension avec ce que cela implique, comme la baisse de la consommation et peut être des tensions sociales.

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Depuis février, le leitmotiv « la santé d’abord » est sur toutes les lèvres. Mais on peut en douter, quand on suit les questions angoissantes posées par les ONG sur le traitement des déchets. Les arrêtés ministériels publiés le 03 août dernier, autorisant l’importation de 360 types de déchets, dont certains interdits précédemment par la loi, comme les déchets en plastique, incitent à la prudence. L’arsenal juridique adopté et les chantiers annoncés, ont besoin d’une période de maturation et d’expérimentation des mécanismes de contrôle. Vigilance donc.

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Le Haut-Commissariat au Plan met en lumière le degré intolérable des inégalités régionales : Casablanca-Settat et Tanger-Al Hoceima représentent à elles seules plus des 2/3 de la contribution à la croissance du PIB en 2018. Ces chiffres dénoncent un vrai frein au développement. Sans un vrai plan de rattrapage régional, la croissance ne peut pas être diffuse et alimenter le développement. L’aménagement du territoire est le talent d’Achille des politiques publiques et ce, depuis des décennies.

 
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