Les chroniques de Jamal Berraoui

Arabie saoudite-Émirats arabes unis : la perte sèche

Les Émirats arabes unis ont signé une série d’accords avec l’État sioniste, dont un qui stipule la libre circulation des personnes munies de visas.

Deux cents israéliens, désireux de fuir les contraintes imposées par la Covid-19 et d’aller dans un pays où tout est accessible, ont été condamnés à rester plus de 48 heures bloqués dans l’enceinte de l’aéroport, en violation des accords signés. Un prince saoudien, en charge de responsabilités diplomatiques, a traité Israël dans une conférence internationale de « pays occupant, raciste et belliciste », rien que ça ! L’heure est au rétropédalage et il faut comprendre pourquoi. Ces pays ont tout misé sur le président sortant des États-Unis Donald Trump et ont cru avoir une incidence décisive sur les élections américaines en aidant leur champion à récolter les voix juives, mais aussi évangélistes. En contrepartie, Donald Trump augmentait la tension avec l’Iran, fermait l’œil sur la guerre du Yémen et enterrait l’affaire Khashoggi. Mais patatras, l’électorat américain en a décidé autrement.

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Joe Biden veut revenir dans l’accord nucléaire avec l’Iran, avec des conditions, mais il est clairement dans une stratégie de désescalade avec un rapprochement prévu avec l’Europe. Le couple saoudo-émirati, les deux Mohamed, peut se sentir mal. Il a fait exploser la région et isolé le Qatar par son jusqu’au-boutisme face à l’Iran en comptant sur une politique agressive des États-Unis vis-à-vis de la République Islamique. Changement de décor et sans les USA ils ne pèsent rien face à l’Iran. La nouvelle administration, les démocrates, veulent arrêter la guerre du Yémen et ses monstruosités. Ils n’iront peut-être pas jusqu’à interdire les ventes d’armes parce que le complexe militaro-industriel compte, mais ils feront pression en faveur de la paix.

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L’Arabie Saoudite devra faire des efforts sur le plan des droits humains si elle veut qu’à Washington on oublie le crime abominable, l’affaire Khashoggi. Israël n’est plus le meilleur point de passage. Joe Biden veut sauvegarder l’espoir tenu d’une solution à deux États. Il faut arrêter les implantations. Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, fort du soutien de Donald Trump, veut les multiplier d’ici au 20 janvier pour créer des situations inextricables. Finalement, la reconnaissance officielle ne leur rapporte que la réprobation de leur propre peuple. Le rétropédalage n’est pas facile parce que dans l’ivresse du moment, ils n’ont pas prévu de plan B. Des puits de pétrole, sans profondeur historique, ne fondent pas une puissance régionale.

C’est ce que l’histoire leur enseigne avec une claque.

 
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