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Tangier Logisitcs Days : les gros enjeux de la digitalisation de la supply chain

Plus de 350 opérateurs de la communauté logistique se sont donné rendez-vous, vendredi au Tanger Med Port Center, pour débattre de l’impact de la digitalisation sur tous les maillons de la chaîne de valeur de la supply chain, à l’occasion de la 5ème édition des Tangier Logistics Days.


Tangier Logistics Days se veut être une plateforme internationale de rencontres et d’échanges techniques entre opérateurs marocains et étrangers, aussi bien ceux opérant dans le secteur de la logistique que dans la production.

L’intérêt technique des sujets abordés et la capacité d’interagir avec des opérateurs de premier niveau et des experts de renom attirent beaucoup d’opérateurs marocains venus pour tirer profit de ce savoir-faire.

Organisé par Tanger Med, ce rendez-vous biannuel réunit de nombreux acteurs de la communauté logistique, dont des professionnels de la logistique, des industriels, des distributeurs, des responsables d’institutions ou d’organismes financiers. Objectif : débattre des grandes problématiques et sujets de réflexion sur le futur de la supply chain.

Cette journée a été animée par des experts et des professionnels internationaux qui se sont attardés sur les grandes caractéristiques de la révolution digitale et les innovations les plus pertinentes, maillon par maillon, tout en se projetant vers ce que sera la supply chain de demain.

De gauche à droite : Gilles Babinet, vice-président du Conseil National du Numérique (France), Dominic Rega, Senior Director VCE d’Oracle EMEA, Thomas Rabaux, Director Data Science & Analytics Benelux de JLL et Patrick Remords, Head of Supply Chain Consulting de JLL France.

Placée sous le thème « Digital Supply Chain : les maillons réinventés », cette édition a été orientée autour d’un sujet stratégique et d’actualité, dont les évolutions sont de nature à bouleverser les business models, l’environnement concurrentiel, les organisations et leur fonctionnement, les métiers et les modes de travail.

Un profond changement de paradigme touche, en effet, la chaîne logistique dans son ensemble à l’ère de la transformation digitale, l’objectif principal étant de rester compétitif.

« Les entreprises de logistique doivent inscrire la transformation digitale dans leur stratégie le plus tôt possible. Sinon, elles seront dépassées et disruptées par les startups», explique Frank Journo, fondateur de Neo26 et modérateur de cette 5ème édition.

Dans la vague de transformation actuelle, la digitalisation n’a pas seulement amélioré une partie, mais bien tous les maillons de la chaîne logistique, à travers une meilleure connaissance des besoins des clients, une meilleure planification et organisation de la production, la gestion du transport multiflux, les nouvelles technologies de l’intra-logistique et les innovations surprenantes de la livraison last mile (livraison sur le dernier kilomètre).

« La force de la chaine logistique représente la force de la digitalisation de son maillon le plus faible, puisque cette disruption qui existe aujourd’hui dans le monde est devenue une nécessité », a indiqué dans ce sens le directeur du port Tanger Med passagers et rouliers, Hassan Abkari.

« Il ne s’agit plus d’une option ou d’un choix pour les opérateurs marocains, mais d’une exigence en vue d’accompagner le développement, améliorer la qualité des services et mieux répondre aux exigences des clients, aussi bien au niveau de la production que de la distribution et du last mile », a-t-il souligné.

Outre une conférence plénière sous le thème «De la supply à la demand chain», cinq sessions étaient au menu de cette journée :

«Comment le digital répond aux besoins des clients? », «Gérer la production, quid de l’industrie 4.0 ? », «Gérer le transport à l’ère du digital », « Les nouvelles technologies de l’intra-logistique » et « Le last mile est-il la dernière frontière de la logistique ? ».

«C’est le client qui va créer la data, qui va permettre finalement d’organiser la supply chain (chaîne d’approvisionnement) autour des besoins exprimés ou pas encore exprimés. Cela renverse complètement l’organisation de ces supply chains qui auparavant n’ont pas été organisées autour de la production.

Aujourd’hui, l’objectif est de flexibiliser la production en fonction des besoins des clients. Cela n’est possible qu’à travers le traitement de la data qui devient de plus ne plus véloce », explique Gilles Babinet, vice-président du Conseil national du numérique (France), qui a animé la conférence plénière.

Cette data est devenue aujourd’hui primordiale. Elle est aussi diffuse. « C’est l’un des autres domaines de la transformation numérique que nous observons aujourd’hui. Nous avons déjà beaucoup de données au sein de la chaîne d’approvisionnement. Cela va de la blockchain à l’Internet des objets avec des appareils connectés…

Ce procédé génère une énorme quantité de données. Maintenant, les gens se demandent comment interpréter toutes ces données, comment entrer de l’intérieur avec toute cette data… et cela nous mène à des domaines tels que l’apprentissage automatique et l’intelligence adaptative », note pour sa part Dominic Regan, Senior Director VCE de Oracle Europe Middle East & Africa.

Autre thème abordé lors de cette journée, le last mile. La livraison sur le dernier kilomètre implique de couper la chaîne de livraison en deux : la livraison « longue distance» amène les biens jusqu’à un centre de dépôt qui redistribue ensuite plus efficacement les biens sur une plus courte distance.

L’e-consommateur peut par exemple commander un bien se trouvant géographiquement assez loin. Une société de livraison «traditionnelle » va se charger de couvrir le plus gros de la distance (en avion, en camion,…) et va déposer le colis dans un entrepôt à l’entrée de la ville ou à l’intérieur de celle-ci.

A partir de là, d’autres véhicules moins encombrants vont prendre le relais pour distribuer la marchandise de manière plus efficace et plus agile. C’est le cas par exemple de la startup Tousfacteurs qui emploie des coursiers à vélo pour des livraisons la nuit et d’Urbantz, une solution de logistique cloud pour les activités de livraison en minimisant le niveau de congestion du réseau routier.

Le but de ces startups est de pallier justement la congestion et la pollution dont souffre surtout le centre-ville des grandes métropoles. Dernièrement, plusieurs grandes entreprises ont fait appel à la technologie pour fluidifier la livraison sur le last mile, comme la livraison par drone (Pizza Hut), la smart livraison de Amazon qui consiste à doter le livreur d’une signature numérique lui permettant d’ouvrir le coffre de la voiture de l’e-client…

« Il faut préserver les centres-villes en éloignant les activités qui participent à la congestion », soutient Jérôme Libeskind, fondateur de Logicités. 

En organisant ce rendez-vous biannuel, Tanger Med poursuit sa mission au service de la compétitivité logistique des entreprises marocaines. Le complexe est en effet une plateforme logistique et industrielle intégrée à une plateforme portuaire performante. Il offre aux opérateurs logistiques une meilleure compétitivité dans la gestion de la chaîne de distribution, grâce à une infrastructure de qualité et une intégration logistique aux meilleurs standards internationaux.

Cette intégration logistique répond aux besoins de fluidité, de traçabilité et de sécurité des flux logistiques. Elle repose sur l’utilisation d’un système d’information permettant : la gestion et la traçabilité des entrées/sorties de marchandises aux zones franches, la gestion et la traçabilité des flux inter/intra zones ainsi que la fiabilité et la transparence des échanges d’information avec les différents acteurs (Zones franches, Port, Opérateurs logistiques, Douane, etc.). 

Challengenews
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