Terrorisme

Terrorisme : la société interpellée

Nul Marocain, à part ceux qui sont sensibles à la propagande jihadiste, n’a été insensible à l’attentat terroriste d’Imlil. La barbarie qui a présidé au meurtre des deux jeunes scandinaves est ressentie comme une honte nationale et surtout diffuse un sentiment d’incompréhension et donc d’insécurité.


Mais ce drame ne fait que venir rappeler que le risque zéro n’existe pas, que les forces de sécurité qui sont en première ligne, quelles que soient leurs performances et elles sont exceptionnelles, ne peuvent pas être l’unique acteur dans ce problème appelé à durer.

La société marocaine ne peut pas s’exempter  de ses responsabilités, prouvées par les faits. Nous fabriquons des terroristes à tire-larigot. Le nombre de cellules démantelées est impressionnant. Nous dépassons de loin des pays comme la Tunisie ou la Jordanie. La différence c’est que, justement, chez nous en majorité, ils sont arrêtés avant le passage à l’acte.

L’idéologie qui fonde le terrorisme a pignon sur rue. Les fkihs qui, sur les radios privées, voire sur la radio Mohammed VI, professent au nom de la religion, des idées contraires à la vie en commun, participent à cette radicalisation. Est-ce qu’il y a plus « Daéchien » qu’un faux Alem qui intime à une femme l’ordre de quitter son mari, qu’elle qualifie elle-même de « gentil, responsable, respectueux », juste parce qu’il boit, et qui qualifie les enfants de mauvaise herbe ?

La société ne réagit plus. Il n’y a que des gens comme Ahmed Assid, Hakima Lebbar, qui tentent d’imposer un débat. L’école est devenue une fabrique. Qui peut accepter qu’un professeur se présente en tenue afghane, et qu’il cite le Coran alors qu’il est professeur de mathématique ? La réponse c’est le ministère de l’Education nationale marocain.

Si personne n’a le courage de défendre les valeurs universelles, une vision de la limitation du rôle de la religion dans l’espace public, si les oulémas surpayés se mettent aux abris dès qu’il s’agit d’affronter les irrédentistes au nom de la sacralité du texte, alors nous sommes foutus.

Une société qui accepte de se laisser gangrener, lentement mais sûrement, se prépare à l’extension, à la multiplication des tragédies.

Dans ce débat, il y a bien sûr la question de la peine de mort plébiscitée après la tragédie, la barbarie d’Imlil. Arrêtons d’importer les débats. Celui qui a choisi la barbarie islamiste a renoncé à ses droits humains parce qu’il ne reconnaît pas ceux des autres. Idéologiquement, ils considèrent qu’ils ont le devoir de violer, de détrousser, de tuer dans des conditions horribles, tous les autres. Une société qui se défend doit les pendre haut et court, sans la moindre hésitation.

 

 

 
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