Portrait

Tifoso, fan de raï et homme d’affaires

Il aurait pu faire carrière dans le football. A vingt neuf ans, cet homme d’affaires a fondé deux entreprises et a su garder les pieds sur terre après avoir usé les bancs de la fac.


I

l est admis que, rester dans son domaine d’expertise est la voie de la sagesse et conduit souvent à la réussite. C’est là la leçon que l’on peut tirer de l’expérience de Ayoub Metloub, DG de Flexibat. S’il a toujours travaillé dans le même domaine, celui des bâtiments en préfabriqué, il n’a pas manqué de progresser, lentement mais sûrement. Il finira par devenir son propre patron, dans sa propre entreprise. 

Lorsque nous le rencontrons, il a tout à fait les attributs des chefs d’entreprise modernes, dont il a revêtu le look. Il porte une veste sur une chemise ouverte et un jean, les cheveux  gominés et l’ attitude résolue de casablancais décomplexé. 

Ayoub Metloub est né en 1984, à Casablanca, d’un père officier de la Marine Royale.  La famille qui compte trois enfants dont il est l’ainé, vivra dans le quartier périphérique de Casablanca, celui de Sbata. “A l’époque, les quartiers populaires étaient pratiquement des communautés de personnes, dont les composantes se connaissaient, se fréquentaient. On pouvait même les assimiler à une famille élargie quand ce n’était pas effectivement le cas ”,explique-t-il. D’ailleurs, les proches voisins étaient la famille de sa tante. Ayoub  grandira donc au milieu de nombre de cousins et autres proches amis dans un cadre,  on ne peut plus protégé. Le père, comme tout bon militaire, instituait une discipline martiale dans son foyer. A tel point que même en son absence, la vie familiale ne dérogeait pas à la rigueur de caserne qui y régnait. “Quand je ne mangeais pas, au moins une fois par semaine des lentilles, j’avais l’impression que quelque chose manquait. Nous étions certes un foyer modeste, mais nous ne manquions de rien,” se remémore-t-il, avec un sourire rêveur. 

Ayoub Metloub , DG de Flexibat

A l’époque, les loisirs étaient limités. Il se passionne pour le foot et compte parmi les supporters de l’équipe du Raja. Tout naturellement, il fera partie des jeunes que l’équipe casablancaise prend en charge et dont les plus chanceux compteront un jour dans sa formation. Il rappelle que deux de ses camarades vivent leur carrière professionnelle dans  le domaine. Le foot agit donc comme un aiguillon, et dans le quartier, les exploits de notre interlocuteur n’étaient pas passés sous silence… La musique est un autre hobby du jeune Ayoub, et il apprécie particulièrement Cheb Khaled et d’autres chanteurs du Rock tels les Pink Floyd ou même des plus modernes . Mais la discipline paternelle impose une priorité absolue et presque exclusive aux études. “ D’ailleurs, mes cousins étaient déjà dans ce système où les étudies accaparaient tout leur temps disponible. La voie était donc déjà tracée, et tout naturellement je l’ai suivie”, analyse-t-il, sans regret, et même avec une certaine reconnaissance. Il restait, néanmoins l’été, où l’on pouvait prendre des vacances. Ce sera en compagnie de la famille de cette même tante du voisinage, qu’ils se rendent à la plage de My Bousselham, au nord de Rabat, où ils font du camping.  

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