Dossier

Tourisme : Une démarche cohérente et opérante pour la marque Maroc

Deux ans après son intronisation, le Souverain a érigé le tourisme
au rang de priorité nationale. Aujourd’hui, le tourisme est le deuxième contributeur au PIB national et un excellent pourvoyeur en emplois avec 548.000 emplois directs en 2018, soit près de 5 % de l’emploi dans l’ensemble de l’économie.


Tout a commencé avec son Discours du 10 janvier 2001, à Marrakech à l’occasion des Assises Nationales du Tourisme, où le Roi a engagé officiellement le Maroc dans une nouvelle politique touristique qui s’est concrétisée par la signature de l’Accord Cadre entre le Gouvernement et la Fédération nationale du Tourisme (devenue plus tard Confédération nationale du tourisme) avec comme principal objectif de placer le Royaume parmi les premières destinations mondiales et d’accueillir 10 millions de touristes en 2010. Cette nouvelle politique a conféré au tourisme le rôle de locomotive du développement et a engagé tous les acteurs à prendre part à ce projet national.

Une démarche concertée

La ssignature de l’Accord Cadre a été renforcée par la signature, le 29 octobre 2001, de l’Accord d’Application, contractualisant l’engagement des pouvoirs publics et du secteur privé pour mettre en œuvre le dispositif stratégique de la nouvelle politique touristique qui a pour référence le Contrat Programme pour la décennie 2001-2010, élaboré par la Fédération du Tourisme en collaboration avec les administrations concernées et intitulé « Le tourisme : une vision, un défi, une volonté ». Dans son concept, la « Vision 2010 » est très originale. Elle a été développée autour de la Volonté Royale, dans un esprit de volontarisme et de concertation entre le privé et le public et a établi une feuille de route avec des objectifs chiffrés et un plan d’action cohérent. 

Au final, la Vision 2010 a connu deux succès remarquables : l’objectif visé des 10 millions de touristes a été quasiment atteint et les recettes touristiques ont presque doublé durant la période, et ce, grâce à la mise en œuvre d’actions fortes au niveau de la promotion dans les marchés émetteurs et de l’aérien. Avec un budget de promotion passé de 200 millions de DH en 2001 à 500 millions en 2011, la signature de l’Open Sky avec les pays de l’Union Européenne permettant l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes, régulières et low-cost, et multipliant les vols point à point avec des prix plus accessibles, le tourisme n’a pas chômé. Conséquence : les profondes et rapides transformations du pays dans son ensemble depuis dix ans, les solides fondations posées par la Vision 2010 et les opportunités offertes par les nouvelles tendances du tourisme mondial, ont permis de nourrir de grandes ambitions pour la nouvelle décennie. Ainsi, conformément aux Hautes Orientations Royales et dans une logique de capitalisation sur les acquis de la Vision 2010, le gouvernement marocain a engagé ensuite une nouvelle démarche de concertation avec les partenaires publics et privés en vue d’élaborer la vision stratégique du secteur Vision 2020.

La Vision 2020 adopte, elle, une démarche analytique, exhaustive et rigoureuse. Elle est inspirée par la volonté de passer à une démarche d’aménagement du territoire structurante en termes d’emplois et de développer la compétitivité du tourisme marocain en se basant sur les atouts des régions selon une dimension territoriale et intégrée.

2010 et après 

En effet, au sortir de 2010, le tourisme au Maroc était largement concentré sur deux destinations : Marrakech et Agadir, qui totalisaient plus de la moitié des nuitées internationales. Cette concentration géographique ne permettait pas aux autres grandes potentialités du Maroc de s’exprimer. C’est pourquoi une nouvelle politique d’aménagement et de développement a été lancée. Huit territoires ont été ainsi créés dans une logique de cohérence. Plusieurs structures ont été créées afin d’assurer le pilotage harmonieux de la nouvelle économie touristique. La Haute Autorité du Tourisme est une instance nationale de pilotage, réunissant, dans le cadre d’un partenariat, l’État, les régions et le secteur privé. Sa mission est d’assurer la mise en œuvre de la vision 2020 et de renforcer la légitimité institutionnelle du tourisme. Six programmes structurants ont été définis autour de la culture du balnéaire et de la nature. Ces programmes privilégient le tourisme durable et sont axés sur les niches à forte valeur ajoutée.

Et si le but de cet ambitieux programme est de permettre au Maroc de faire partie des 20 plus grandes destinations mondiales à horizon 2020 et s’imposer comme une référence en matière de développement durable dans la région Méditerranéenne, le Royaume est aujourd’hui sur la bonne voie. En effet, l’année 2018, soit deux ans avant l’échéance fixée, a vu tous les indicateurs au vert. Le nombre d’arrivées de touristes non-résidents a atteint 12,3 millions de touristes soit une progression de 8 % par rapport à 2017. Parallèlement, le nombre de nuitées enregistrées dans les établissements d’hébergement touristique classés s’est établi à 24 millions en 2018, enregistrant une hausse de +8,7 % par rapport à l’année précédente (+12 % pour le tourisme récepteur et +1,5 % pour le tourisme interne). A fin 2018 également, la capacité litière classée a atteint 261 256 lits en progression de près de 7 426 lits supplémentaires par rapport à 2017, les hôtels 3*, 4*, 5* et les hôtels clubs constituant 56 % du total du parc de l’hébergement touristique classé.

Le secteur, en avantage durable pour le développement du Royaume agit, anticipe, innove, pour capter sa part des grands flux touristiques mondiaux, et s’applique surtout à faire de la marque Maroc une marque lien davantage qu’une marque lieu par une offre qualitative et une capitalisation sur ses considérables atouts/attraits.

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