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Transformation digitale : où en est la PME marocaine ?

La transformation digitale est aujourd’hui un impératif catégorique pour toute entreprise pour réussir dans son marché. Encore faut-il mettre l’accent sur l’accompagnement, la formation et aussi sur le financement des premières actions de mise à niveau.


Au Maroc où plus de 90% du tissu économique national est constitué de TPME, cette doxa gagne sensiblement du terrain, année après année. C’est, en tous cas, ce qu’on peut retenir de l’étude dévoilée le 8 janvier par la Fédération du Commerce et des Services (FCS)  de la CGEM sur la transformation digitale des TMPE au Maroc. Il s’agit des résultats d’une enquête nationale, réalisée par le cabinet Officium et l’Observatoire Marocain des Pratiques de Management (ONPM), sur le phénomène 4.0 et l’entreprise marocaine.

Ainsi, on note que 82,4% des entreprises interrogées dans le cadre de cette enquête ont déclaré connaître ce phénomène ou en avoir entendu parler. Par secteur, il ressort qu’elles sont 67% dans la distribution, 84% dans les services aux personnes, ou encore 79% dans le secteur industriel.

« Certains constats de cette étude nous réconfortent et d’autres nous interpellent. Cela est un peu normal parce que l’environnement est en train de changer. Nous sommes agréablement surpris de voir que sur certains sujets, en particulier, l’entreprise marocaine semble assez consciente. Maintenant, toute la difficulté est de savoir comment passer du modèle existant depuis un certain nombre d’années vers quelque chose de nouveau », soutient  Youssef Harouchi, vice-président de l’APEBI et directeur général de la société Conexis.

Changement de mindset

L’étude montre aussi que pour le phénomène 4.0 pose un certain nombre d’enjeux majeurs pour l’entreprise. Parmi ces enjeux, on note l’adaptation de l’outil de production aux défis technologiques de demain (42,1% des répondants). 22% estiment que la conservation de la compétitivité constitue également un principal enjeu, tandis que 19,8% soutiennent que c’est le développement de la capacité à innover de l’entreprise.

Force est de souligner que l’enquête a été réalisée auprès de 126 structures. Dans cette nouvelle ère induite par le phénomène 4.0, les répondants, à 67,5%, estiment aussi que le défi humain fait partie des principaux défis à affronter. Ils sont 56,3% à pointer du doigt le développement de nouvelles compétences, alors que 39,7% estiment que les moyens financiers peuvent être un défi majeur.

L’enquête montre aussi que la réingénierie des méthodes de travail et des procédés, la gestion de la cyber-sécurité visant à protéger l’information sensible et le savoir-faire constituent autant de défis majeurs.

« Cette transformation digitale pose aussi beaucoup de challenge. D’abord, un défi humain en termes de montée en compétence des ressources internes pour pouvoir accompagner cette transformation. Le deuxième défi concerne justement le financement de cette transformation, parce que cela induit un investissement. Certes, il y a un retour sur investissement, mais pour la TPME, il faut d’abord réussir à mobiliser les ressources », précise Réda Taleb, CEO du cabinet Officium.

« Il y a, certes, un défi lié au financement, mais tout dépend de comment on se positionne par rapport au sujet. Si vous le positionner comme étant un sujet stratégique, comme investir dans un bureau et autres, je pense que le dirigeant de la PME peut mobiliser les moyens. Par contre, si vous le positionner comme étant un phénomène de mode ou quelque chose à la page, il est clair que l’urgence aujourd’hui pour les TPME est ailleurs », renchérit Khalid Dahami, président de la Fédération du Commerce et des Services.

Selon Dahami, pour renforcer cette perception positive des TPME marocaines vis-à-vis de la transformation digitale, il est essentiel de mettre un accent particulier sur l’accompagnement. « Il faut que les gens comprennent ce que c’est. Lorsque le dirigeant comprend la nécessité de la chose, il n’hésite plus. Nous devons mettre l’accent sur l’accompagnement, la formation et aussi sur le financement des premières actions de mise à niveau, exactement comme ce qui avait été fait dans les années 2000 pour la certification ISO », explique-t-il.

Pour rappel, l’objectif de cette étude est de cerner la manière avec laquelle les entreprises perçoivent la transformation digitale, de comprendre leur positionnement par rapport à cette mutation et d’appréhender comment elles comptent relever les défis liés à cette nouvelle ère.

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