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Transport ferroviaire: Ligne à grande vitesse : 67 % des marchés aux entreprises marocaines

L’ONCF a remis au goût du jour la préférence nationale dans son projet de réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV).


Le projet de ligne à grande vitesse LGV, devant relier Tanger à Casablanca, est parti pour être un cas d’école en matière de préférence nationale : l’Office national des chemins de fer (ONCF) impose la préférence nationale au profit des entreprises marocaines de BTP ainsi que pour les bureaux d’études,  grâce à l’introduction d’une clause au niveau des appels d’offres. Et cela, l’Office l’a remis en lumière lors de la première visite officielle du chantier de LGV organisée le 6 décembre 2012 sur le site de Sebou. Lors de cet événement, visant à faire le point sur l’état d’avancement du projet, le top management de l’Office a annoncé clairement qu’il a opté pour cette mesure qui consiste à accorder davantage de chance aux bureaux d’études, entreprises de travaux et des fournisseurs marocains, malgré leur manque d’expérience dans le domaine. L’objectif est de donner l’occasion à ces entités marocaines d’acquérir le savoir faire en la matière. À l’heure actuelle, le taux de participation des entreprises marocaines dans le projet LGV a atteint 62%. Ce pourcentage pourrait même atteindre les 67% «si on prend en considération les travaux de sous-traitance», explique Mohammed Rabie Khlie, Directeur Général de l’ONCF. En d’autres termes, les deux tiers du projet sont réalisés par des entreprises marocaines, soit environ 116 sur les 146 sociétés impliquées dans le chantier, sans compter le nombre important d’ingénieurs marocains. En effet, parmi les 340 ingénieurs, 200 sont marocains. Cet engouement pour l’expertise nationale, vient renforcer les compétences industrielles marocaines dans le projet. En clair, cette initiative de l’ONCF représente une aubaine pour toutes les parties impliquées. D’abord, les entreprises pourraient déployer leur expérience dans d’autres projets à l’échelle nationale ou africaine. Ensuite, l’Office national des chemins de fer pourrait collaborer à nouveau avec ces entreprises locales dans le cadre de sa stratégie 2040. C’est dire que les opportunités ne vont pas manquer.

Cinq nouvelles lignes nationales
La société dirigée par Khlie, vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation d’une étude sur le schéma directeur national et maghrébin du futur réseau à grande vitesse. Dans le détail, ce projet porte sur deux volets, à savoir les lignes atlantiques et les lignes maghrébines. Dans un premier temps l’ONCF lancera 5 nouvelles lignes nationales : Fès, Agadir, Marrakech, Essaouira et Oujda. Cette étape sera alors suivie par le lancement d’une ligne maghrébine qui reliera Casablanca, Rabat, Oujda, et qui se prolongera jusqu’à Tripoli via Alger et Tunis. Toutefois, la réalisation de ce projet qui augmentera le nombre de voyageurs à l’horizon 2035 à 133 millions est conditionnée par la rentabilité de la ligne Casablanca-Tanger. À ce niveau, Mohammed Rabie Khlie paraît très confiant. Selon lui, l’ONCF a conçu une stratégie commerciale efficace. «Nous aurons un prix de référence, ce dernier va varier en fonction de la date d’achat du billet et les horaires du voyage». Pour y arriver, l’Office utilisera le «yield management». C’est un modèle très répandu dans le secteur du transport aérien. Il vise à maximiser le chiffre d’affaires, grâce au coût du billet qui varie en fonction de la date de l’achat, mais aussi des horaires de voyage. Alors pour profiter des services du TGV à moindre coût, les futurs usagers ont intérêt à acheter les billets très tôt. En attendant, le chantier avance à grande vitesse : le taux d’avancement global du projet était de 50% à fin novembre. Cela concerne les études, le foncier, la partie génie civil, les composantes équipements ferroviaires, les rames de trains, la mise en place de l’atelier de maintenance, l’exploration ou encore les installations terminales. Toutefois, les travaux sur la ligne, longue de 200 km, n’en sont pour le moment qu’à 10% de leur réalisation. Un niveau de réalisation qui n’inquiète guère les responsables du projet qui jugent l’avancement conforme à l’échéancier initial.

 

Le chiffre

116
Sur les 146 entreprises impliquées dans le chantier de réalisation du projet de la LGV, 116 sont marocaines.

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