Economie

Transport: Rabbah veut créer une industrie de la maintenance

La maintenance des moyens de transport, voilà un secteur faiblement exploité au Maroc. C’est pour cela qu’Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du transport, compte en faire une véritable industrie créatrice de valeur ajoutée.


La maintenance sera érigée en une véritable industrie dans la vision du ministère de l’Equipement et des Transports.

P’il y a un secteur sur lequel le ministre de l’Equipement et des transports veut capitaliser pour créer une véritable industrie, c’est bien le secteur de la maintenance. «Nous avons des trains, des bateaux, des avions,… mais nous n’avons pas d’industrie de maintenance indexée à ces moyens de transport», lance le ministre. Et d’ajouter, «actuellement, nous travaillons sur la mise en place d’un pôle de maintenance au Maroc». En fait, la vision du ministre est de porter le secteur de l’entretien et la maintenance dans le transport au rang d’industrie à part entière, surtout au niveau du secteur maritime et aérien. L’idée est de mettre en place des pôles de maintenance spécialisés dans les différents types de transport avec comme ambition de faire du Maroc «un hub régional de la maintenance» et s’exporter vers l’Afrique et l’Europe. Pour la maintenance ferroviaire, le ministère de tutelle est train de voir avec des groupes la délocalisation de leur maintenance ferroviaire au Maroc pour répondre à un besoin local et régional. En plus, «nous préparons un pôle de formation pour répondre au besoin de main d’oeuvre qualifiée. Cette politique de formation est un facteur clé de succès de cette strategie de maintenance dans tous les modes de transports», explique le ministère de l’Equipement et des transports. Du côté de la maintenance aérienne, le Maroc est plutôt bien positionné. Le Maroc dispose déjà d’organismes de maintenance agréés. En effet, les activités de maintenance et réparation occupent 12% du chiffre d’affaires global à l’export de ce secteur. Ce qui n’est pas négligeable, mais cela reste insuffisant au vu du potentiel existant dans ce domaine. L’objectif au niveau de ce segment est d’ériger la maintenance en pôle d’excellence régional et profiter des atouts du Royaume et sa position géostratégique par rapport à L’Europe dont l’industrie de construction aéronautique est des plus avancées. En effet, l’Europe dispose aujourd’hui d’un marché de transport aérien des plus importants dans le monde, déployant une grande flotte qui nécessite un dispositif de maintenance performant mais surtout compétitif. D’où l’intérêt du Maroc. «Nous avons déjà commencé à faire des réunions avec des opérateurs espagnols dans le domaine de la maintenance aérienne», nous précise-t-on auprès du ministère. Le travail semble être bien enclenché.

Tout reste à faire dans
le maritime
Si dans le domaine de l’aéronautique, le Maroc cherche à se positionner sur le créneau depuis plusieurs années, ce n’est pas le cas pour le maritime pour lequel l’affaire ne semble pas être aussi facile. Car, la mise en place d’une industrie sur ce segment ne peut se faire que dans le cadre d’une stratégie globale pour la remise à niveau de la flotte maritime nationale. D’ailleurs, le ministre de l’Equipement et des transports ne s’en cache pas. «L’industrie de la maintenance navale est totalement liée à la stratégie que nous sommes en train de mettre en place pour ressusciter la flotte nationale»,souligne Aziz Rabbah. Donc il est clair, que sur ce volet tout est encore à faire. Car la stratégie dont parle le ministre n’est toujours pas finalisée. Tout cela n’a pas empêché la tutelle de se pencher sur les expériences étrangères pour commencer. En effet, quoique «l’idée des pôles de maintenance soit encore en phase d’études des potentialités et des possibilités», comme on nous le précise auprès du ministère, il n’en reste pas moins que plusieurs réunions ont été tenues avec des opérateurs de différentes nationalités. La dernière en date, une réunion de Aziz Rabbah avec des opérateurs espagnols dans le domaine de la maintenance aérienne. Même si la tutelle compte énormément sur le savoir-faire et surtout les capitaux étrangers pour aller de l’avant dans ce projet, les opérateurs marocains sont encore plus sollicités. Si une industrie est à mettre en place, les nationaux doivent absolument y prendre part ! 

Challengenews
Le meilleur de Challenge sélectionné par la rédaction :
 

Article précédent

Faut-il abandonner la céréaliculture ?

Article suivant

Les investisseurs adoptent la prudence