Entreprises & Marchés

Un an déjà, 189 MDH de déficit

Cette perte devra être prise en charge par la Communauté Urbaine de Casablanca et les ministères de l’Intérieur et des Finances qui se sont antérieurement engagés à combler les déficits. 


Casa Transports compte sur le Fonds de soutien au transport urbain initié par le ministère de l’Intérieur et celui des Finances dans le cadre du projet de Loi de Finances pour atteindre «un petit équilibre à fin 2014».

Mis en service à la date «symbole» du 12-12-12, le tramway de Casablanca souffle sa première bougie. C’est également l’heure du premier bilan. 22 millions de voyageurs ont pris le tram à la date du 8 décembre courant, avec une moyenne journalière de 100.000 voyageurs du lundi au vendredi (à partir du 1er décembre). «Pour l’heure, cela dépasse nos objectifs. De plus, cette moyenne journalière augmente progressivement», souligne Youssef Draiss, directeur général de Casa Transports. Aujourd’hui, toutes les 37 rames sont en service. Et si dans la métropole, le tram est en train de devenir le moyen de transport de prédilection pour toutes les couches sociales ( étudiants, fonctionnaires, femmes au foyer…), les casablancais préfèrent plutôt payer leurs tickets chaque jour (comme  pour le prépayé dans la téléphonie)que de contracter un abonnement, pourtant plus bénéfique. En effet, seuls 15 % des voyageurs, soit 15.000 sont concernés par le système d’abonnement mis en place depuis février dernier : les 7 000 sont des étudiants et les 8000 concernent des particuliers payant le plein tarif. Malgré l’engouement des casablancais, le tramway n’est pas épargné par les actes de vandalisme, notamment la dégradation des  stations, la destruction de barrières et de panneaux publicitaires ou encore le déversement d’ordures sur les voies… Parallèlement, 180 accidents de circulation ont été enregistrés depuis la mise en service, soit 0,8 accident / 10.000 km, un taux que Nadia Bouhriz, directeur général adjoint en charge des opérations de Casa Transports estime par ailleurs «normal comparé à une ville française jugée calme». A noter que les accidents sont plus fréquents à Sidi Moumen et au centre-ville au niveau du quartier des hôpitaux. «Tout ceci engendre des coûts aussi bien sur l’exploitation que sur les rames», précise Youssef Draiss.

Depuis 2005, la présence d’Alstom au Maroc s’intensifie.

Quoi qu’il en soit, à la date du 8 décembre, les recettes de Casa Tram ne dépassent pas les 123 millions de DH, alors que les dépenses d’exploitation atteignent au 1er décembre les 195 millions de DH, sans compter les coûts de maintenance (38 millions de DH), le coût de l’énergie et les actes de vandalismes (32 millions de DH) et le remboursement de la dette (47 millions de DH). En somme, la jeune entreprise essuie un déficit de 189 millions de DH. Cette perte devra être prise en charge par la Communauté Urbaine de Casablanca et les ministères de l’Intérieur et des Finances qui se sont antérieurement engagés à combler les déficits.

L’objectif est d’atteindre «un petit équilibre à fin 2014», précise le DG de Casa Transports. Il compte, à ce titre, sur le Fonds de soutien au transport urbain initié par le ministère de l’Intérieur et celui des Finances dans le cadre du projet de Loi de Finances 2014 en cours d’approbation devant la deuxième Chambre. Selon lui, la question financière devra être impérativement réglée avant la fin du premier trimestre 2014. Encore, faudrait-il que  la Communauté Urbaine de Casablanca et les ministères de l’Intérieur et des Finances, réagissent après les maintes relances.

En attendant, Casa Transports travaille pour atteindre cet équilibre financier qu’il compte atteindre en drainant 60.000 voyages journaliers supplémentaires. Instaurer la complémentarité entre le tram et le bus serait l’un des moyens pour y arriver. «Nous avons fait les tests. Le projet est en stand by en attendant que les discussions sur certains volets aboutissent et que le Conseil de la ville donne son feu vert», indique Youssef Draiss. En effet, des solutions doivent être trouvées en ce qui concerne notamment le partage des recettes entre Casa Transports et M’dina Bus, les échanges de données entre ces deux parties et le déficit additionnels de M’dina Bus.

En attendant, Casa Transports est à fond dans le projet de la ligne de métro aérien de 15 km qui devra coûter 8 milliards de DH. Les travaux vont démarrer au courant du premier semestre 2014 pour une mise en service prévue en 2019.  Il sera financé à 50 % de fonds propres et les conventions relatives au bouclage du financement seront signées en début d’année prochaine.

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