Blog de Jamal Berraoui

Un argumentaire valable par ( Jamal Berraoui )

L’un des élus de Casablanca a tenu à me faire savoir qu’il y avait selon lui une grande injustice dans ce qu’il appelle le matraquage contre le consul de la ville. « Les élus ne gèrent pas tous seuls, l’Administration territoriale, la tutelle est co-responsable ».


Il cite un phénomène que moi personnellement n’avait pas pris en considération. Ce qu’il appelle l’instabilité administrative est pourtant une réalité. En 1976, il y avait 5 communes à Casablanca, en 1983 on a doublé le nombre et on a créé la communauté urbaine. A chaque fois, on a créé des problèmes de découpage, de cessions de propriété. Les communes n’existent plus mais le transfert de leurs propriétés au conseil de la ville n’a pas encore eu lieu, parce qu’il coûte cher et que le conseil espère toujours une dérogation.

Par contre, le conseil de la ville a hérité du passif, surtout social. Ainsi, si il vient de débourser 25 millions de dirhams au titre des retraites impayées de la RATC (transports) et la RAD, toutes deux dissolues il y a 15 ans !. Cet argumentaire n’est pas tout à fait fallacieux. Casablanca a été une sorte de laboratoire pour les théoriciens de l’intérieur. L’aspect sécuritaire a toujours primé. La multiplication des communes en 1983 était une réponse aux événements du 20 juin. Elle était censée par la proximité créer un meilleur encadrement.

Maintenant, l’urgence c’est d’aplanir les difficultés. Il faut que le gouvernement permette au conseil de récupérer tous ses biens, par un décret l’exonérant des droits d’enregistrement. L’urbanisme est une responsabilité partagée et là il faut faire l’inverse c’est-à-dire abolir des dérogations.

De la même manière les contrats de gestion déléguée doivent être revus, non seulement dans leur aspect financier mais, et peut-être surtout, sur les critères de service public. Quant aux transports, dans toutes les agglomérations du monde, il est subventionné. Seulement, les communautés urbaines imposent les entreprises par le biais d’une taxe de transport. « Je vous ramène vos employés à l’heure, vous payez » tel est le deal. C’est impossible au Maroc, parce que même les taxes locales sont définies de manière centrale, ce qui est une hérésie. La fiscalité locale est un élément de la compétition entre agglomération dans l’attractivité des investissements. C’est un chantier législatif sur lequel aucun parti ne s’est exprimé jusqu’ici.

 
Article précédent

La reprise n’est pas si solide que cela

Article suivant

Une usine Peugeot au Maroc ?