Economie

Un décret pour mieux lire les étiquettes alimentaires

Identité, composition, incidences sur la santé (allergies), conditions de conservation, informations nutritionnelles… tout y passe. 


C’est fait. Le décret tant attendu fixant les conditions et les modalités d’étiquetage des produits alimentaires a été publié au mois de mai au Bulletin officiel. On y trouve les prescriptions et exigences générales d’étiquetage, les dispositions relatives obligatoires sur les produits etc. Cela devrait être une bonne nouvelle puisque désormais, les consommateurs auront droit à une meilleure visibilité sur ce qu’ils mangent et ne devront pas être trompés sur des inscriptions parfois pouvant être mensongères. Mais ne nous leurrons pas. Tous n’auront pas ce réflexe de lire ce qui est écrit en minuscule sur le dos des emballages, ne comprenant parfois rien aux codes et autres inscriptions. Contrairement à d’autres, les consommateurs marocains ne sont pas encore très à cheval sur les détails des contenus et contenants. Pourtant, ils le devraient surtout lorsqu’on sait que plusieurs ingrédients entraînent des effets sur certains consommateurs allergiques. En tous les cas, ce décret, de l’avis d’Ahmed Essadki, expert habilité pour la sécurité sanitaire des aliments et patron de Food Expertise, devra servir à identifier un produit, le distinguer d’un autre et aider le consommateur à faire des choix sains et éclairés des aliments qu’il achète et qu’il mange. «Cette fonction était inachevée dans la loi 13-83 abrogée mais devrait l’être à présent suite à la publication du décret d’étiquetage complétant la loi 28-07 de sécurité sanitaire des aliments.

Le décret définit, de manière équivalente aux autres réglementations américaine et européenne, les indications devant figurer sur l’étiquetage des produits alimentaires pour les rendre conformes». Concrètement, qu’est-ce qui devra changer alors  dans la pratique ? Dans ledit décret, on peut lire par exemple que l’étiquetage doit fournir des informations liées à l’identité, les propriétés, la composition, la durée de validité, les conditions de conservation et d’utilisation des produits, les incidences éventuelles sur la santé… A ce sujet, Essadki précise que les informations devront porter sur l’indication de la présence d’allergènes éventuels et pas uniquement. Les industriels et importateurs ont une année pour se conformer à cette nouvelle réglementation, c’est-à-dire qu’ils devront la respecter à la lettre à partir du 16 mai 2014. Ceci étant «la perception de la salubrité des aliments est un processus dynamique qui évolue sans cesse en fonction, en particulier, des progrès scientifiques et techniques, raison pour laquelle l’article 31 du décret a laissé la porte ouverte sur une révision de la réglementation de l’étiquetage chaque fois que nécessaire, dans le but d’améliorer le confort et le bien être du consommateur», explique l’expert en sécurité alimentaire.

Les opérateurs disposeront aussi d’un délai de grâce pour écouler leurs produits jusqu’à épuisement de leurs stocks. Mais ces derniers auront tout de même à supporter un coût supplémentaire d’emballage, parce qu’il faudra désormais inscrire, entre autres, de manière lisible et en langue arabe (et éventuellement dans une ou plusieurs autres langues) beaucoup d’informations sur les produits vendus. Par contre, certains  produits importés ou destinés à une clientèle particulière et certaines boissons fabriquées localement pourront y être dispensées. C’est le cas également des eaux gazéifiées, de fruits et légumes, de fromages, beurre et lait… dont la liste des ingrédients n’est pas requise dans l’étiquetage. Pour Ahmed Essadki, le coût des modifications à apporter à l’étiquetage actuel passera pratiquement inaperçu. «Pour des considérations d’ordre commerciales, les exploitants ont l’habitude, indépendamment de la sortie du nouveau décret, de revoir régulièrement l’étiquetage de leurs produits, au sens défini dans l’article  2 du décret, c’est-à-dire comprenant les mentions, indications, marques, images, dessins logos etc. pour améliorer leurs parts de marché ». Finalement, c’est un pas qui est franchi avec ce nouveau décret. Mais gardons en mémoire tout de même qu’avec toutes les dispositions imposées, la tromperie n’est jamais trop loin. Il n’y a qu’à se rappeler du scandale de la viande de cheval (produits Findus) qui a éclaté il y a quelques mois en Europe.

Challengenews
Le meilleur de Challenge sélectionné par la rédaction :
 

Article précédent

Les vraies raisons du boycott de la CGEM

Article suivant

Fiat 500 L : Au format XXL