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Un gouvernement autiste

On connaît enfin le fin mot de l’histoire. Le gouvernement a commandité une étude à un cabinet international, Price Waterhouse, sur le GMT+1. Ce cabinet a délivré un rapport qui note les gains potentiels pour le Maroc. Ils seraient relatifs à la consommation d’énergie, au secteur de l’offshoring principalement.


Mais ce même rapport note que cela va créer des problématiques. Price dit qu’il va y avoir un problème sécuritaire à gérer parce que les gens vont se déplacer dans l’obscurité, que cela va perturber l’école. C’est écrit, c’est la dernière page du rapport.

Ce rapport a été remis au gouvernement le 08 octobre, la décision a été annoncée le 25 octobre, sans aucune mesure d’accompagnement. Il est ridicule, même très inquiétant, de voir que le ministre de l’Education nationale a changé 4 fois de décision, pour finalement jeter la patate chaude aux régions et aux académies. Il l’a fait un vendredi en leur demandant d’être prêts le lundi. C’est juste une mascarade.

Au-delà de la pertinence de la décision, qui est très discutable, nous sommes face à un dysfonctionnement absolu de l’exécutif, qui s’est totalement coupé de la population, parce qu’il n’arrive pas à communiquer.

La Turquie a pris la même décision, il y a deux ans. Les spécialistes continuent à s’écharper sur la pertinence de la décision. Mais les enfants turcs n’obstruent pas la circulation.

La différence c’est que Erdogan tient un meeting par mois, et que El Otmani a le charisme d’un vieux mur, qu’il est totalement inaudible et que les Marocains lui ont retiré la légitimité qui est la sienne. Ce gouvernement est légitime, parce qu’il est issu d’élections et que les citoyens qui se sont exprimés ont choisi de mettre le PJD devant. Il y a eu le blocage et ses effets désastreux, mais nul ne peut contester la légitimité démocratique, même formelle, de cette coalition.

Or, nous assistons à un divorce absolu entre l’exécutif et l’opinion publique, sur une question, somme toute, très marginale. Pourquoi ?

Il y a d’abord de l’incompétence : Les mesures d’accompagnement auraient dû être prévues avant l’annonce de la décision. Ce n’est pas le cas et nous sommes face à une situation surréaliste où les ministres changent de position quatre fois par jour, comme s’ils n’avaient ni cabinet, ni administration à leur service.

Mais il y a aussi une incapacité à communiquer, à dialoguer. Le rapport de Price Waterhouse n’a été rendu public que le 10 novembre. Trop tard parce que l’opinion publique s’était fait sa religion. Les banques, les sociétés privées, maintiennent leurs horaires, ce qui est inadapté pour les parents d’enfants en bas âge.

C’est l’exemple même des carences de la gouvernance à la marocaine. Il fallait juste en discuter avec des partenaires très fiables, qui sont loin de l’opposition systématique. Le GPBM et la CGEM ne sont pas des révolutionnaires, mais ils ont raison de refuser qu’on leur impose des changements sans la moindre discussion.

La coupure est nette et définitive. Ce gouvernement n’a plus aucun soutien au sein de la population. C’est un drame institutionnel beaucoup plus grave que la contestation autour du GMT+1.

Challengenews
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