Green business

Un nouveau programme pour stimuler l’entrepreneuriat vert

Porteurs de projets dans le domaine des métiers verts, à vos idées, partez ! Après le programme «Yes Green» qui a permis à de jeunes porteurs de projets de créer leurs entreprises dans le secteur de l’environnement, un nouveau programme vient d’être lancé pour stimuler l’entrepreneuriat vert. par R.A.


Le Green business a du potentiel au Maroc. Même s’il reste encore une niche, il n’en demeure pas moins que c’est une filière qui commence à susciter beaucoup d’engouement, notamment auprès des jeunes, porteurs de projet. Pour renforcer cette tendance et faire des métiers verts un levier de croissance, le département en charge de l’Environnement vient de lancer un nouveau programme dédié. Ce programme qui a été lancé hier, jeudi 1er septembre à Rabat, vise la promotion de l’innovation en matière de technologies propres, et la création d’emplois verts. Dénommé Global Cleantech innovation Program, il s’agit d’un projet des Nations Unies, piloté par l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) et le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). L’objectif est d’aider le Maroc à développer les métiers verts. Le programme Cleantech Maroc est notamment destiné aux startups et aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). Sa vocation est de stimuler les innovations locales dans les domaines de la valorisation des déchets, l’utilisation rationnelle de l’eau, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, et les bâtiments verts. «L’objectif est vraiment d’encourager l’entrepreneuriat vert au Maroc», confie une source au ministère de l’Environnement, expliquant que ce programme s’inscrit surtout dans une vision pérenne. «Nous avons déjà eu une première expérience avec le programme Yes Green il y a quelques mois. Et donc, nous avons tiré les leçons. L’objectif principal de cette nouvelle initiative est de veiller à ce que les projets retenus réussissent », détaille la même source. Il y aura un accompagnement technique (formation …) et financier, en plus du suivi du projet. Cleantech s’étalera sur une période de trois ans. A travers une compétition qui mettra au coude à coude plusieurs candidats à travers le Royaume, les meilleurs seront sélectionnés pour bénéficier d’un encadrement, et ensuite d’un soutien financier pour lancer leur business. Notons que pour l’année en cours, la compétition sera lancée dès ce mois de septembre pour la sélection de lauréats. Notre source explique que les premiers lauréats sélectionnés devront présenter leurs projets à la COP 22 en novembre prochain à Marrakech.

Quid de la formation ?
« Il y aura au départ 100 candidats, mais la demi finale de la compétition n’en comptera que 25. Les meilleurs seront sélectionnés à partir de là, et iront présenter leurs projets à la COP 22 en novembre prochain», souligne-t-elle. Toutefois, force est de noter que là où le bât blesse est surtout la formation. Car, il y a un déficit concernant les formations spécialisées. Et aussi, le cadre juridique ne suit pas. Même s’il existe aujourd’hui quelques exemples de réussite dans le green business telle la société Kilimandjaro, qui opère dans le recyclage des huiles usagées, le chemin à parcourir pour faire des métiers verts un secteur attrayant pour la jeunesse reste long. A titre de comparaison, en Allemagne par exemple, 1,8 million d’emplois au moins sont, aujourd’hui, caractérisés comme «emplois verts». Notons que la valeur des services environnementaux s’est évaluée à environ 100 milliards d’euros en 2010 dans le pays. Ces trois dernières années, ces «green jobs» ont connu une croissance de 50%, et d’après les prévisions, 500.000 nouveaux «emplois verts» devraient être créés à l’horizon 2020, selon des statistiques recueillies auprès de la représentation au Maroc de la GIZ. De même, en Autriche aujourd’hui, un emploi sur vingt est un emploi vert, et la tendance est à la hausse. Il va sans dire que le Maroc doit donc mettre les bouchées doubles sur les métiers verts, en créant un cadre adéquat pour leur développement. Toutefois, soulignons que le département de l’Environnement est en discussion avec plusieurs autres ministères comme celui de l’Enseignement supérieur et de la Formation des cadres, ou encore celui de l’Industrie en vue de mettre en place un centre des compétences dans le domaine des métiers verts. Il est à rappeler que ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Environnement initie un programme de ce genre. Avant Cleantech Maroc, le département de Hakima El Haite avait déjà lancé le programme Yes Green avec l’appui du PNUD. Ce programme a notamment permis la réalisation des études relatives à la cartographie d’employabilité et d’entreprenariat vert, l’identification des besoins en compétences dans les métiers verts ainsi que les mécanismes institutionnels, financiers et de partenariat. Au total 179 jeunes femmes et hommes ont été formés sur les métiers de l’assainissement liquide, l’efficacité énergétique, l’éco-tourisme et la gestion des déchets solides dans le cadre du programme Yes Green.

 
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