Sport

Une fin de saison compliquée par les Don Quichotte de la « bien-pensance »

Au loup !  Au loup !


Tout le monde connait cette histoire d’un gars devenu fameux parce qu’exploitant les peurs de chacun et de tous, il passait sa vie à crier « Au loup ! Au loup ! Fuyez le loup arrive ».

Et tout le monde, soit de fuir, soit d’aller prendre ses précautions pour se protéger.

En fait, il n’y avait ni loup, ni danger, mais le gars semait la panique dans la communauté ; panique qui ne profitait qu’à lui-même jusqu’au jour où un vrai danger s’est pointé et, malgré tous ses cris pour qu’on lui portât secours, il fut anéanti. Morale de l’histoire, à force de raconter n’importe quoi, on finit par ne plus être cru – et l’on devient victime de ses propres bobards et ruses mal placées.

Ainsi, dans le monde sportif, et particulièrement en football, qui a intérêt à crier au scandale, en dénonçant les autres des pires turpitudes, réclamant justice alors que lui-même est loin d’être innocent ?

Pour répondre directement et abruptement à cette question, on dira : personne! Oui personne dans notre football n’a le droit, et encore moins le pouvoir, de venir salir le jeu.

« Wydad, Raja, ou même l’équipe nationale ne peuvent plus être dirigés comme dans les années du siècle dernier »

Le football n’est, in fine, qu’un jeu, un spectacle. Cela on l’oublie trop souvent, car ce simple jeu, créé en Angleterre, il y a 2 siècles, l’a été pour distraire les classes laborieuses avec l’idée que celles-ci, composées principalement d’ouvriers ou de mineurs, dépensent l’énergie qu’il leur reste, sur les champs de jeu et stades, au lieu d’aller manifester pour l’amélioration de leur situation socio-économique.

Oui, c’était cela la genèse du football mais, depuis l’an 1848 où à Rugby (Angleterre) fut règlementé ce jeu, bien des ballons ont roulé sur l’herbe ou la terre battue, et l’amusement des foules laborieuses devint un vecteur d’engouement phénoménal et mondial.

Si l’on en croit l’encyclopédie Larousse, le foot « doit son succès planétaire à sa simplicité d’expression et à l’extrême clarté de ses compétitions ».

Beaucoup d’autres sports ont vu le jour, et remplissent les stades, mais rien n’a encore détrôné le football, intronisé «sport roi» par tous les commentateurs, et rien ne semble diminuer la ferveur de ses adorateurs.

A mesure que le temps passe, et que les années s’écoulent, il devient plus riche, plus puissant, plus influent. Aucun continent, aucun pays, aucune ville, aucun quartier ne saurait s’en passer. La FIFA, habile à utiliser les passions et les émotions, en a fait le plus grand cirque du monde.

Un « Barnum», symbolisé par la Coupe du Monde qui fait saliver le monde entier même si souvent, elle se transforme en miroir aux alouettes pour les rêveurs, les prétentieux et les outrecuidants qui pensent échapper à son inexorable despotisme.

Depuis longtemps, les rêveurs n’ont plus leur place dans le monde du foot.

Le foot doit rapporter de l’argent, il n’y en a jamais trop et là où il y a des intérêts financiers, ceux-ci prennent le pas sur tous les autres sentiments. Sur toutes les valeurs, et même sur l’Histoire des hommes et les destins des civilisations.

C’est pour cela que les USA vont organiser leur 2ème Coupe du Monde, que le Qatar a eu la sienne dès qu’il en a fait la demande, et que le Maroc, cinq fois candidat, doit encore attendre de faire la queue et d’espérer son tour derrière les grands de ce monde.

C’est ce qu’est devenu le football, une formidable machine à faire du cash.

Et ce n’est pas près de changer vu toutes les tentatives de la FIFA et de l’UEFA pour devenir encore plus riches.

Tout cela pour bien préciser qu’en foot les valeurs traditionnelles (honnêteté, justice, équité, etc.) ne sont plus que bla .. bla philosophique.

Il faut bien comprendre cela si on veut continuer à respirer l’air (malsain) des arènes.

Et si on comprend qu’il faut un peu se salir dans la boue footballistique, on peut même non seulement y respirer mais encore y prospérer.

Il y a de l’argent dans le foot et il en produit pour tout le monde.

A condition de jouer le jeu.

Cela au plan mondial, mais qu’en est-il sur le plan national ?

Au Maroc et dans tous les pays du monde, le mode de gouvernance du foot, tel qu’il se pratique à la FIFA, se retrouve un peu partout. C’est l’argent, et lui seul qui mène le jeu, et tant pis pour les naïfs et ceux qui croient encore aux vérités qui n’existent pas en football, ou plutôt qui n’existent plus.

Si le foot obéissait simplement aux considérations sportives, en y développant morale et générosité, il aurait disparu. C’est triste à dire mais c’est comme ça. Le business a gagné.

Et tout le monde doit y trouver son profit. Wydad, Raja, ou même l’équipe nationale ne peuvent plus être dirigés comme dans les années du siècle dernier.

Le public d’ailleurs en a pris son parti. Et il réclame pour ses chères équipes des présidents qui ont des moyens.

Moyens financiers s’entend. Le reste devant venir éventuellement, mais plus tard. D’abord, le fric, s.v.p et après on verra pour le travail et les compétences.

Bien sûr, c’est beau de parler et de réclamer transparence et égalité – en tout.

Franchement qui peut souhaiter de rester pauvre quand il peut devenir riche ?

Personne, à part le personnage de Don Quichotte qui, lui, n’en finit pas de mouliner et de poursuivre… le vent.

Ceux qui, au nom de n’importe quoi, ont bloqué la fin du championnat Elite-pro pour des considérations bidons et sans aucune preuve, auraient dû mieux réfléchir.

S’ils l’avaient fait, ils auraient alors vu, leur propre image dans le miroir déformant du football.

Les miroirs pour lesquels, Cocteau a eu ce mot : « Un miroir devrait réfléchir avant que de renvoyer les images ».

Challengenews
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