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USFP : des primaires en vue

C’est finalement à la mi-décembre qu’aura lieu le congrès de l’USFP. Trois candidats sont en lice pour remplacer Radi, mais ce n’est pas le seul enjeu.


L’ombre d’Omar Benjelloun planera sur le neuvième congrès de l’USFP qui se terminera aux aurores du jour anniversaire de son assassinat. Lui qui avait été l’animateur du congrès extraordinaire de 1975. Car si le prochain congrès est ordinaire juridiquement, il est extraordinaire politiquement.
Le congrès intervient alors que l’USFP revient dans l’opposition après 14 ans de participation gouvernementale, que sa baisse de popularité est évidente, qu’une véritable crise d’identité secoue le Tihad mais aussi l’ensemble de la gauche et dans un environnement favorable aux conservateurs. La preuve que la crise est aiguë vient du dernier Conseil national. Les commissions chargées de la préparation du congrès ont présenté leurs rapports. Deux sur trois ont été rejetés. Le rapport sur l’organisation comportait des innovations concernant l’élection du bureau politique et la création d’une commission administrative restreinte, ce qui n’a pas recueilli l’adhésion. Le rapport politique a été rejeté parce qu’il est d’une faiblesse inouïe et ne répond pas aux interrogations des militants.
Seul le rapport dit socio-économique a été retenu. Il propose un ancrage socio-démocrate, la défense de l’industrialisation, d’une meilleure distribution des richesses, notamment par l’accès à des services publics de qualité et surtout une nouvelle vision de l’Etat, démocratique, mais aussi agent de développement. Le Conseil national a donné délégation au bureau politique pour assurer la préparation des documents du congrès. Il est à noter que le Conseil national, parlement du parti, n’a jamais pris une seule décision et a toujours terminé ses délibérations en délégant au «bureau politique». Parce qu’il est composé de 500 personnes, il ne peut fonctionner autrement. C’est pour cela que plusieurs groupes de militants ont proposé la création d’une commission administrative, réduite, qui deviendrait l’instance délibérative.

Des parcours différents
Le Conseil national a aussi décidé que les candidats au poste de premier secrétaire doivent organiser des débats dans les régions autour de questions précises. C’est une véritable première et il faut la considérer comme un acquis dans l’optique de la modernisation de la vie politique. Les militants pourront ainsi se positionner avant de choisir leurs représentants au congrès, ce qui ouvre la voie, la perspective d’un mandat pour les congressistes. Les débats au sein de l’USFP sont nourris, surtout par le biais de pages facebook, mais sans clivage particulier. Il n’y a pas de tendances antagonistes.
Trois candidats se détachent pour le moment : Driss Lachgar, Habib El Malki qui s’est déclaré depuis des mois et Fathallah Oualalou. Driss Lachgar est le favori de l’appareil. Avocat, il a été  parlementaire, président du groupe parlementaire, puis ministre. Il a surtout été très présent dans les questions organisationnelles. Il a joué un grand rôle lors du 6e congrès qui a vu Amaoui et ses amis partir et dans le coup d’Etat contre El Yazghi. Habib El Malki est un économiste reconnu. Il préside le Centre marocain de conjoncture, institut très respecté. Il a été plusieurs fois ministre et il a été régulièrement élu dans sa région.
Fathallah Oualalou a été député, chef du groupe, ministre des Finances et est actuellement maire de Rabat. Les trois hommes sont des militants au long parcours, respectés même par leurs adversaires au point qu’aucune candidature ne soulève une levée de boucliers. Ce congrès a une particularité. Le parti a opté pour une formule liant le nombre de congressistes au nombre de voix recueillies lors des législatives. Or la plupart des élus ne viennent pas du centre. Des régions comme le Sahara, Sraghna, le Tafilalet seront mieux loties que les grandes villes à part Fès et Agadir. Des gens comme Chbaâtou, Tariq Kabbaj, Hassan Derham ou encore Doumou pèseront très lourd pour la désignation du futur premier secrétaire. C’est cela aussi la démocratie interne et il faut s’y soumettre.

 
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