Politique

USFP : Lachgar sur la sellette

Contesté, y compris par ses proches, Driss Lachgar fait face à une fronde inédite, alors qu’il croyait avoir éliminé les oppositions.

Le premier secrétaire de l’USFP a essuyé un vrai tollé lors des congrès des avocats Tihadis, organisé à Tétouan. On lui a surtout reproché d’avoir censuré la position de la section d’Al Hoceima, favorable au Hirak. Il s’en est défendu et s’est engagé à «tenter de trouver rapidement le moyen d’arriver à la libération des détenus ». Il n’a peut-être pas convaincu mais il est apparu combatif, désireux de reprendre la main.

Seulement, la même semaine, une membre du bureau politique, lui demande publiquement d’écourter son mandat et de partir immédiatement. Hanane Rihab, c’est d’elle qu’il s’agit, doit tout à Driss Lachgar. C’est lui qui l’a intégrée au bureau politique, c’est encore lui qui l’a imposée sur la liste des jeunes, alors que les femmes l’avaient classée 29ème. Ceci a provoqué des démissions collectives, mais Hanane est parlementaire et c’est elle qui sonne la charge.

« Réduire la crise de l’USFP à Driss Lachgar et à sa personnalité est une erreur »

On ne sait pas quel rôle joue Habib El Malki dans cette attaque. La parlementaire a posté, 24 heures après son appel à démettre Lachgar, une photo avec le président du Parlement, lors d’un événement dédié au cheval, organisé par un parlementaire du Mouvement Populaire. Le signal est clair, elle a choisi son camp.

Lâché par les siens

Le problème du premier secrétaire ne se résume pas au cas Hanane Rihab ; le Bureau politique est complètement coincé. Entre les déçus de la participation au gouvernement, à titre politique ou purement personnel, les mécontents des décisions personnelles fort inconstantes de Driss Lachgar et les désespérés de la situation organisationnelle, les rangs de la désertion sont bien remplis. Ceux-là même qui ont fait campagne pour le premier secrétaire, qui ont organisé la mise au pas des récalcitrants, abandonnent le navire.

Ces péripéties cachent mal le drame politique de l’USFP. Ce parti n’a plus de boussole. C’est lui qui a été bâti sur la stratégie de la lutte démocratique, il se retrouve impliqué dans un détournement de la constitution. Ses sections sont à l’arrêt parce que les militants, ce qui en reste, sont désemparés, le syndicat hyper divisé, ne représente plus rien et limite son action à quelques communiqués que personne ne lit, le groupe parlementaire est godillot, etc.

Réduire la crise de l’USFP à Driss Lachgar et à sa personnalité est une erreur. Ce parti ne peut retrouver sa splendeur que s’il retrouve son ADN de porteur des espérances populaires. Pour cela, il faut reproduire une vision. Réfléchir. Ce parti a-t-il encore les moyens humains pour le faire ? Le doute existe.

 
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