Blog de Jamal Berraoui

Zen, restons zen

Un chanteur de Raï algérien, un Cheb à la con a cru faire preuve de patriotisme en insultant les Marocains, prenant prétexte du très regrettable incident du drapeau algérien. Le plus malheureux ce n’est pas que cette chanson existe, on ne demande pas à un chanteur peu talentueux de réfléchir, mais qu’elle soit diffusée, or, elle l’est.


La presse algérienne se félicite que le gouvernement accorde une rallonge de 750 millions de dollars aux Affaires Etrangères. Croyant nous faire peur, ces journaleux précisent que c’est pour conforter l’action sur le Sahara. En clair, pour acheter les consciences. Avec ce montant, l’Algérie aurait pu construire des milliers de logements sociaux. Mais cela elle ne le fait pas alors que l’argent est dans les caisses.

Pourquoi tant d’animosité ? C’est atavique. Les caciques du FLN ont réussi à diffuser une crainte injustifiée du Maroc. C’est une carte qu’ils brandissent chaque fois que la situation interne est tendue. Actuellement Bouteflika veut remettre le couvert et postuler à un quatrième mandat. On n’a pas besoin de scanner pour voir qu’il n’a pas les moyens physiquement. Peu importe, l’armée n’ayant pas trouvé de candidat, il jouera les intérimaires. Cela ne convient pas aux démocrates. Jamila Bouhired, l’Icône de la bataille d’Alger, héroïne mythique de la révolution, a annoncé que si Bouteflika se représentait, elle manifesterait contre lui, ce ras-le-bol est une réalité. Le peuple algérien veut éviter tout affrontement parce qu’il est traumatisé par les milliers de morts de la décennie noire. Mais trop c’est trop, le retour à la présidence à vie ne passe pas. Alors, ils ressortent l’ennemi de l’extérieur, c’est-à-dire le Maroc, pour ressouder ce qui peut l’être. Il n’y a rien de nouveau sur le dossier du Sahara qui puisse expliquer cette poussée de fièvre chez les maîtres d’Alger. C’est une affaire interne.

Il convient de ne pas tomber dans le panneau, de ne pas répondre aux provocations, surtout quand elles sont de ce niveau. Marocains et Algériens sont condamnés à coexister par la géographie. Les liens entre les deux peuples sont ancrés dans l’histoire. Boumediene avait spolié et renvoyé 40.000 Marocains, cela n’a pas affecté les liens, parce que les peuples font la différence entre les gouvernants et les populations. Les deux présidents algériens les plus sectaires viennent de l’Armée d’Oujda, tout un symbole.

Restons zen, restons nous-mêmes. Le meilleur soutien que nous pouvons apporter aux démocrates algériens, c’est de ne pas alimenter la tension factice que Boutef et ses sbires veulent créer.

 
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