Santé

Coronavirus: les masques de protection en 7 questions

Depuis le mardi 7 avril, le port du masque de protection est rendu obligatoire par les autorités marocaines pour les personnes munies des autorisations de déplacement dérogatoire. Autrement dit, toute personne devant sortir de chez elle pour quelque raison que ce soit doit mettre un masque de protection. Le Maroc s’inscrit ainsi dans la liste des pays ayant déjà pris une telle mesure pour protéger leurs populations. Mais, les masques de protection nous protègent-ils vraiment ?


1- Les différents types de masques de protection

Il y en a deux sortes :

– Les masques anti-projections, dit « chirurgicaux », qui ont pour vocation principale d’éviter que ceux qui les portent ne rejettent des sécrétions dans l’air et contaminent les autres ;

– Les masques de protection respiratoire individuelle (comme les fameux FFP2), qui sont équipés d’un système filtrant, destiné à protéger le porteur des risques d’inhalation d’agents infectieux. Ces masques sont rarement supportés plus de quelque heures par ceux qui les portent.

2- Le masque protège-t-il celui qui le porte du coronavirus ?

De façon générale, la réponse est oui pour les masques équipés d’un système filtrant de type FFP2 (s’ils sont utilisés comme il se doit). Toutefois, l’équipement doit avoir moins de cinq ans et ne doit pas avoir déjà été utilisé. Notons que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) recommande notamment de se laver les mains avant de l’enfiler et après l’avoir retiré, de le positionner de sorte à ce qu’il recouvre aussi bien le nez que la bouche, et d’en changer dès qu’il devient humide. Il faut savoir que les masques de type FFP2 ne protègent cependant que de la transmission directe d’un virus (ici par inhalation de gouttelette contaminée, par exemple lors d’une conversation en face à face). Ils n’offrent aucune garantie contre le risque de transmission indirecte, qui peut advenir en se frottant les yeux (ou toute autre porte d’entrée possible du virus) après avoir serré la main d’une personne porteuse du SARS-CoV-2 qui se serait mouchée. Étant donné que leur disponibilité est assez faible, l’OMS préconise de réserver les masques FFP2 aux gestes invasifs respiratoires sur des patients intubés. Force est de noter que les autres types de masques n’offrent pas les mêmes garanties, y compris les masques chirurgicaux. Même s’ils peuvent contribuer à réduire les risques d’exposition au virus, ces derniers n’ont pas été conçus pour cela et ne répondent pas aux mêmes normes de protection que les masques FFP2.

Lire aussi: Le port du masque de protection obligatoire dès le mardi 7 avril

3- Les masques empêchent-ils celui qui le porte de propager le virus ?

C’est une question que nombreux marocains se posent. Selon les experts, les masques empêchent, en partie, de propager le virus. Les masques anti-projections ou chirurgicaux sont conçus pour limiter ce risque. Ils limitent les projections de gouttelettes de salive et diminuent donc les risques de contamination entre interlocuteurs. Les masques FFP2 filtrent également l’air expiré, à l’exception de ceux qui sont munis d’une soupape pour le confort de l’utilisateur. Toutefois, selon les spécialistes, il faut que le masque soit correctement utilisé pour qu’il ait une utilité. Il est notamment recommandé de le jeter dès qu’il est mouillé ou souillé (si possible dans une poubelle fermée pourvue d’un sac plastique) et de le renouveler.

4- Les masques confectionnés à la maison sont-ils aussi efficaces ?

Les masques confectionnés de manière artisanale à partir de morceaux de tissus ne sont pas équivalents aux masques utilisés en milieu médical, qui, eux, répondent à des normes bien spécifiques. Soulignons que la Société française des sciences de la stérilisation (SF2S) et la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H) soutiennent que ces équipements n’ont pas vocation à être utilisés par le personnel médical en contact avec des patients, car ils ne représentent en aucun cas des protections filtrantes suffisamment fiables. Une étude américaine corrobore également cette position. Peut-on dire pour autant et de manière catégorique que les masques faits maison n’ont aucune espèce d’utilité ? C’est vraisemblablement là que se situe la nuance dans ce débat. A choisir entre rien et le port d’un masque artisanal, ce dernier pourrait tout de même avoir des vertus, notamment pour limiter la diffusion de sécrétions de la part de malades qui peuvent contaminer d’autres personnes, selon une partie des spécialistes. A condition de le prendre pour ce qu’il est et de ne pas négliger le respect des autres mesures de sécurité et d’hygiène sanitaire.

5- Pourquoi certains soutiennent-ils alors que le port du masque serait contre-productif ?

Il faut reconnaître que le sujet n’est pas aussi simple, d’autant plus  qu’il existe différents types de masques et qu’il est impératif de les utiliser correctement. Et, dans tous les cas, le port d’un masque doit se faire dans le cadre de règles d’hygiène très strictes. Une des craintes d’une partie des autorités sanitaires de par le monde est que le masque apparaisse aux yeux de la population comme une garantie contre le coronavirus, ce qui est un « faux sentiment de sécurité »selon l’OMS. Ce qu’il faut retenir, c’est que le port du masque n’exonère en rien du respect strict des gestes barrières (se laver les mains fréquemment), et son port n’est pas une raison de ne pas respecter les mesures de distanciation sociale destinées à ralentir la progression de l’épidémie. Bien sûr, le masque n’est pas en lui-même un danger, mais les autorités craignent que recommander son port ne brouille le message.

6- Pourquoi certains experts veulent généraliser le port du masque alors que d’autres s’y opposent ?

Il faut savoir que l’OMS a très tôt préconisé de réserver l’usage du masque aux malades symptomatiques. « Il n’existe aucune preuve suggérant que le port du masque par la population entière soit bénéfique en quoi que ce soit. En fait, certains éléments tendent même à montrer le contraire, en raison du port incorrect de ceux-ci », a soutenu Dr Michael Ryan, Directeur exécutif du programme des situations d’urgences sanitaires de l’OMS. Il justifie d’ailleurs sa position par le fait que s’il est mal mis ou mal utilisé, le masque constitue une barrière inefficace contre le virus, alors qu’en raison du sentiment de sécurité qu’il peut procurer, il tend à favoriser les conduites à risques. L’autre raison contre la généralisation des masques médicaux concerne le manque de stock. La crainte des autorités sanitaires étant qu’en invitant la population à s’équiper de masques il ne soit plus possible d’en assurer la distribution pour les personnels soignants, qui en ont le plus fondamentalement besoin. Et cela est valable en particulier pour les masques FFP2. Mais la doctrine de l’OMS ne fait pas l’unanimité. George Gao, directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, estime qu’il s’agit là de la principale erreur des  sociétés occidentales dans leur réponse à la pandémie. Ce virus se transmet par les gouttelettes respiratoires, de personne à personne. Or, remarque-t-il, « de nombreux individus atteints sont asymptomatiques, ou ne présentent pas encore de symptômes : avec un masque, on peut empêcher les gouttelettes porteuses du virus de s’échapper et d’infecter les autres ». Un avis auquel se range aujourd’hui en France l’Académie nationale de médecine. Il va sans dire que l’utilisation de masques non médicaux par le grand public pourrait contribuer à limiter la propagation du virus par des malades asymptomatiques. Mais cela ne veut pas dire qu’ils protègent efficacement contre le coronavirus.

7- Pourquoi y-a-t-il une pénurie de masques dans le monde ?

Soulignons que dès le 7 février, un peu plus de deux mois après l’apparition du Covid19, l’OMS s’alarmait du risque de pénurie mondiale d’équipements de protection. Et pour cause, la Chine, épicentre de la pandémie de coronavirus, assure environ 70 % de la production mondiale de masques. Les autorités chinoises ayant imposé le confinement à tout le pays, les usines ont tourné au ralenti. Ce qui explique cette pénurie.

 
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